Troubles du sommeil
Quelle prise en charge non pharmacologique ?

S. Royant-Parola La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2015, vol.29, n° 951, pp. 824-825. Bibliographie

L’insomnie affecte 20% des Français dont 10% sévèrement.
Le sommeil est spécifique à chacun mais "un bon dormeur peut se permettre des écarts ; il dormira de toute façon. A l’inverse, un mauvais dormeur doit nécessairement instaurer des routines, faire attention à ses habitudes et bien différencier les espaces où il est actif de ceux où il va se reposer".
Pour bien comprendre les troubles, il faut faire remplir au patient un agenda du sommeil pendant trois semaines et un questionnaire très détaillé portant sur ses habitudes de sommeil, son type de troubles et les symptômes associés.

L’objectif de la prise en charge est de

  • dédramatiser les conséquences de l’insomnie : "dormir 8 heures par jour n’est ni une norme ni un besoin universel" ;
  • sensibiliser aux comportements inappropriés : passer trop de temps au lit, garder la télévision allumée et rester connecté aux ordinateurs, tablettes, téléphones ... ;
  • aider aux changements d’habitude :
    • éviter toute activité parasite qui continuerait à relier à l’extérieur. "Se coucher, c’est déconnecter",
    • réduire le temps passé au lit en retardant l’heure du coucher mais en maintenant une heure de lever fixe, identique en semaine et le week-end,
    • restructurer les rythmes de sommeil (séance de photothérapie de 30 minutes le matin ou marche en extérieur, 30 minutes par jour d’effort soutenu qui se révèle la meilleure arme ’anti-stress",
    • se recentrer sur le moment présent sans ruminer les problèmes passés ou anticiper sur les soucis futurs (techniques de relaxation, sophrologie, pleine conscience).

L’insomnie est une maladie chronique. Il faut sans cesse soutenir et encourager et savoir proposer les approches non pharmacologiques le moment venu.

(publié le 2 février 2016)