Urgences dermatologiques

L. Allanore, D. Murr, J-C. Roujeau Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, Dermatologie, vol.109, n°4,98-960-A-10, 13 pp. Bibliographie.
La peau établit une véritable frontière entre le milieu extérieur et l’organisme et remplit de nombreuses fonctions. Outre son rôle barrière, elle agit sur la thermorégulation, la défense immunitaire, le métabolisme et les fonctions neuroendocrines.
Une défaillance cutanée aiguë induit des pertes hydroélectrolytiques et protéiques, des pertes thermiques, une augmentation du débit cardiaque, un déficit de l’immunité locale, des conséquences métaboliques et un stress traumatique et post-traumatique.
La notion d’urgence est toute relative mais intègre la nécessité d’une solution immédiate ou rapide à des problèmes non forcément gravissimes mais souvent invalidants.
Dans cet article, sont traités les urgences vitales, les signes cutanés marqueurs d’un diagnostic à ne pas manquer, ainsi que les urgences quotidiennes justifiant une intervention rapide.
Parmi les urgences, citons les brûlures étendues et les réactions médicamenteuses, notamment la nécrolyse épidermique pour laquelle un médicament est responsable dans 50% des cas (allopurinol, sulfamides, phénobarbital...) ou la pustulose exanthématique mais aussi les pathologies iatrogènes dont le psoriasis pustuleux provoqué par une erreur thérapeutique.
Il faut compter aussi avec les urgences vitales à présentation cutanée où la menace est plutôt due au sepsis et/ou à des atteintes viscérales plutôt qu’à l’altération des fonctions cutanées (angioedème ou anaphylaxie, hypodermites nécrosantes, purpura fulminans, syndrome de choc toxique).
Il y a aussi les pathologies du quotidien qui imposent d’être soulagées rapidement notamment les infections, les eczémas, les éruptions, l’urticaire, l’herpès, les morsures ou les piqûres d’insectes ou de méduses.
Enfin il convient de savoir reconnaître certaines maladies spectaculaires dont la gravité est souvent surestimée : le syndrome de Sweet (survenue brutale de manifestations dermatologiques associées à fièvre, arthralgies et myalgies, tableau facilement contrôlé par anti-inflammatoires ou courte corticothérapie générale), le pyoderma grangrenosum (nodule rapidement ulcéré et à progression centrifuge avec bordure inflammatoire, qui se traite par corticothérapie générale) ou l’œdème aigu hémorragique du nourrisson (éruption spectaculaire prédominant au visage et aux extrémités chez un jeune enfant en parfait état général mais sans gravité).
(publié le 7 janvier 2016)