Complications liées à la pratique du tatouage

N. Kluger, T. Fusade La Revue du Praticien, 2020, vol.70, mars, pp. 305-309. Réféences

Au décours d’un tatouage, apparait rapidement une réaction inflammatoire quasi constante d’intensité variable, durant quelques heures à quelques jours, se manifestant par douleurs ou sensibilité locale, augmentation de la chaleur locale et induration des traits. Rarement, de possibles adénopathies régionales transitoires sont signalées. Mais il s’agit plus de désagréments que de complications.

Les réactions d’hypersensibilité aux encres de tatouage (principalement le rouge, le rose et le violet) sont les complications les plus fréquentes : prurit invalidant, papules, nodules, granulomes, réaction lichénoïde ; tous ces symptômes persistent des mois, voire des années et sont de traitement difficile (corticoïdes, voire exérèse chirurgicale ou destruction par laser).
Une réaction chronique sur un tatouage impose une biopsie cutanée.

Les complications infectieuses sont liées au manque d’asepsie et d’hygiène pendant la séance de tatouage ou la phase de cicatrisation. Ce sont essentiellement des infections superficielles. Si les conditions d’asepsie sont rigoureuses, le risque de transmission du virus de l’hépatite C est quasi nul.
Quelques cas d’endocardites aiguës ont été rapportés chez des sujets porteurs d’une cardiopathie.

La seule complication tumorale est le kérato-acanthome : tumeur de malignité intermédiaire apparentée au carcinome épidermoïde, nécessitant une exérèse chirurgicale. Les autres cancers cutanés sont fortuits.

Les tatouages sont responsables de perturbations de l’imagerie (artefacts radiologiques, fixations faussement suspectes), et de difficultés à la réalisation d’examens médicaux du fait de picotements, voire brûlure sur tatouage lors d’imagerie par résonance magnétique en raison des sels métalliques dans le derme.

Le détatouage est possible (chirurgie traditionnelle ou laser) mais parfois décevant (long, onéreux, douloureux et parfois au prix de séquelles cicatricielles ou de disparition incomplète du tatouage).

(publié le 28 mai 2020)