Conduite automobile et troubles de la vision

A-L.Remond, B.Bodaghi La Revue du Praticien, 2017, vol.67, n°7, pp. 767-773. Bibliographie

Pour une conduite automobile en toute sécurité, la fonction visuelle est capitale. Or de nombreuses pathologies ophtalmologiques, aiguës ou chroniques sont susceptibles d’altérer la vision (sans que le conducteur en ait toujours conscience).
Ce sont les pathologies de survenue tardive ou de manière insidieuse qui représentent un réel danger. Il s’agit essentiellement de :

  • la neuropathie optique glaucomateuse avec le risque ne plus être en mesure de conduire si les altérations du champ visuel se situent sans les zones centre et méridien horizontal ; les performances de conduite en simulateur ont donné des résultats contradictoires quant à ’impact sur la sécurité au volant ;
  • la cataracte sénile : une chirurgie peut rétablir la vue et améliorer la sécurité au volant, mais dans certains cas, persistent des halos visuels gênant le patient ; -* la dégénérescence maculaire liée à l’âge : entraînant une perte visuelle sévère sans traitement efficace ;
  • la rétinopathie diabétique nécessite une surveillance ophtalmologique très précise ;
  • toutes les causes de diplopie ;
  • les amputations multiples du champ visuel.

Il faut aussi tenir compte des médicaments notamment des collyres mydriatiques et/ou cycloplégiques (qui perturbent la vision pendant les 4h suivant l’instillation), les collyres myotiques (responsables d’un myosis contre-indiquant la conduite sous faible lumière), les collyres à effet systémique (susceptibles d’entraîner vertiges et somnolence).

L’arrêté du 21 décembre 2005 fixe la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance d’un permis de conduire de durée de validité limitée. De façon générale, toute personne atteinte d’une incapacité fonctionnelle susceptible de compromettre la sécurité routière doit prendre l’avis de la commission médicale départementale ou d’un médecin expert.
Mais au nom du secret médical, l’ophtalmologiste qui découvre une pathologie incompatible avec la conduite ne peut en informer le médecin traitant. Il a par contre obligation d’informer son patient conducteur.
Chaque patient/conducteur est responsable des recommandations médicales qui lui ont été faites et sa décision de conduire est de son unique responsabilité.

"Les simulateurs de nouvelle génération et la voiture autonome pourraient permettre une amélioration de la sécurité routière sans limiter l’autonomie des personnes déficientes ", (mais l’utilisation n’est pas prévue avant 2030).

(publié le 10 janvier 2018)