Etude des expositions non professionnelles à des facteurs de risque de mésothéliome dans l’étude pilote DO-Mésothéliome 2013-2015

L. Guldner, D. Grange, S. Audignon, D. Jezewski-Serra, A. Rigou, A. Guillet, M. Sabastia, J. Le Moal, L. Chérié-Challine, M. Le Barbier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2020, n°12, pp.250-258. Références
Près de 20% des mésothéliomes de la plèvre chez l’homme et 60% chez la femme, probablement plus encore pour les mésothéliomes non pleuraux surviennent chez des personnes qui n’ont jamais été exposées professionnellement à l’amiante. D’autres sources d’exposition à l’amiante, extra professionnelles (notamment environnementales), de même que des facteurs de risque autres que l’amiante, sont alors à rechercher.
Huit régions volontaires ont participé à l’étude pilote DO-Mésothéliome, au cours de laquelle 78 sujets avec diagnostic de mésothéliome posé entre 2013 et 2015 et notifié via la déclaration obligagtoire (DO) ont été inclus.
Pour ces 78 sujets, les expositions potentielles à l’amiante, ainsi qu’à d’autres facteurs de risque de mésothéliome suggérés dans la littérature, ont été évaluées par expertise des questionnaires et un système d’information géographique.
"Parmi les 78 sujets, 53% avaient pu être exposés du fait de la proximité de leurs lieux de vie à des sources environnementales (<2 km), 46% par des expositions para-professionnelles, 22% par des expositions professionnelles possibles à l’amiante, 17% par des expositions au domicile et 17% par des expositions via le bricolage. Par ailleurs, 20% avaient un risque d’exposition extraprofessionnelle aux laines minérales.
Au final, 90% des sujets de l’étude présentaient au moins un facteur de risque d’exposition extraprofessionnelle à l’amiante et/ou à des laines minérales, 10% des sujets n’ayant aucune exposition connue à des fibres.
Le pourcentage de cas concernés par des expositions para-professionnelles était plus élevé chez les femmes que chez les hommes, alors que les expositions professionnelles possibles ou liées à une activité de bricolage étaient plus fréquentes chez les hommes. Un sujet sur 10 avait été exposé à des radiations ionisantes, professionnellement ou à visée médicale. "
Cette étude a permis de conforter l’hypothèse du rôle possible des expositions para-professionnelles, du bricolage ou de la proximité résidentielle avec des sources potentielles d’émissions environnementales d’amiante, chez des sujets atteints de mésothéliome pour lesquels l’exposition professionnelle était nulle ou possible.
(publié le 12 mai 2020)