Fibromyalgie : prescrivez le sport !

P. Bourée, F. Bisaro, A. Ensaf La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2018, vol.32, n°1002, pp. 426-427.
Bien que la fibromyalgie ait fait l’objet de nombreuses controverses, cette pathologie a été reconnue par l’OMS en 1992.
Les femmes entre 20 et 50 ans représentent 80% des cas. Elle est responsable d’arrêt de travail, de perte d’emploi et de retraite anticipée mais selon l’Académie nationale de médecine en 2007, elle ne justifie ni une mise en invalidité, ni une prise en charge en affection de longue durée.
L’affection se manifeste par un grand polymorphisme clinique, essentiellement des algies diffuses dans la région axiale, résistant aux antalgiques habituels et persistant depuis plus de 3 mois et des douleurs à la palpation d’au moins 11 points sur les 18 identifiés par l’American College of Rhumatology (1990) ; critères discutables revus et précisés en 2010 incluant un score de sévérité de la douleur, une chronicité des douleurs et l’absence d’une autre maladie pouvant expliquer les douleurs.
S’y ajoute une grande multiplicité de symptômes tels que paresthésies, sensibilité cutanée exacerbée, douleurs abdominales, troubles du transit, céphalées,....
Un syndrome dépressif et un sentiment d’injustice sont souvent associés.
Bilan biologique et bilan radiologique sont normaux.
Les mécanismes physiopathologiques ne sont pas complètement élucidés et de nombreux facteurs sont impliqués. Un dysfonctionnement des mécanismes corticaux du contrôle de la douleur entraînant une hypersensibilité serait en cause.
L’évolution est bénigne mais chronique et les approches non médicamenteuses doivent être proposées en première intention, mais seul l’exercice physique a montré une efficacité significative.
Les psychothérapies notamment les thérapies comportementales et cognitives peuvent être préconisées chez les patients ayant des troubles de l’humeur ou qui peinent à accepter la maladie.
Les traitements médicamenteux ne sont à envisager qu’en seconde intention et les opiacés de niveau 3 et les corticostéroïdes sont fortement déconseillés.
(publié le 13 juillet 2018)