Fièvre Q : rare en France

C. Wintenberger La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2017, vol 31, n°979, pp. 275-277 . Bibliographie
La fièvre Q (Query fever) est une zoonose cosmopolite causée par une bactérie, Coxiella bruneti, très résistante dans le milieu extérieur. Le réservoir est constitué par les petits ruminants (ovins et caprins) chez qui la maladie se manifeste par des fausses couches. La bactérie passe dans le placenta et les autres produits de mise bas. La contamination se fait par l’inhalation d’aérosols contaminés et parfois à grande distance (jusqu’à 40 km). Il existe un risque de transmission par don de sang.
La maladie est asymptomatique dans 60% des cas. Dans les 40% restants, après une incubation de 10 à 17 jours, apparaissent des symptômes généralement bénins : fièvre prolongée, syndrome pseudogrippal, pneumopathie atypique, hépatite granulomateuse, et fréquemment un tableau de pneumopathie atypique.
Le diagnostic repose sur une sérologie positive à 3 semaines d’intervalle ; la PCR est utile pour un diagnostic précoce (15 jours). Un taux d’Ac élevé, sans symptomatologie clinique ne suffit pas pour affirmer le diagnostic.
Le traitement (uniquement en cas de symptômes) est antibiotique : doxycycline, voire macrolides ou fluoroquinolones pendant 2 à 3 semaines.
Le passage à la chronicité est faible sauf en cas de facteurs de risque (FDR) : valvulopathies, prothèses valvulaires ou vasculaires, anévrismes artériels. La surveillance repose sur un examen clinique et une sérologie à 3, 6 et 12 mois.
La fièvre chronique Q est grave.
En l’absence de FDR, la surveillance repose sur une sérologie à 3 et 6 mois et un examen clinique.
La forme chronique peut se développer tardivement même si la phase aiguë a été asymptomatique. Confirmée par la sérologie, elle nécessite une prise en charge en milieu spécialisé.
Chez la femme enceinte, les formes cliniques ne sont pas différentes de la population générale mais il faut y penser en cas de fièvre prolongée surtout en cas d’épidémie, mais le rôle d’une infection chronique a été suggérée dans la survenue d’avortements récidivants.
La prévention passe par l’évitement des situations à risque, la surveillance vétérinaire et la prise en charge des épizooties. Un vaccin est utilisé en Australie mais non disponible en Europe.
Le traitement antibiotique prophylactique y compris chez les sujets à risque n’est pas indiqué.
(publié le 6 juin 2017)