Hépatite E : pas si bénigne

J. Izopet La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2016, vol.30, n°972, pp. 857-858. Bibliographie

Le virus de l’hépatite E (VHE) est endémique à l’échelle mondiale. Certaines souches infectent exclusivement l’homme (VHE1 et VHE2) mais VHE3 et VHE4 contaminent également le porc, le sanglier, les cervidés et le lapin.

La contamination est

  • oro-fécale par voie hydrique dans les pays en développement (consommation d’eau contaminée) ; les épidémies se rencontrent essentiellement en saison des pluies.
    La contamination par VHE3 et VHE4 est possible chez les consommateurs d’eau du robinet et de fruits de mer ;
  • alimentaire par ingestion de viande contaminée insuffisamment cuite (porc, gibier, sanglier, lapin), et notamment de figatelle (saucisse de foie ou d’abats),
  • par contact direct avec des animaux pour les vétérinaires, les éleveurs de porc ou les forestiers.
  • parentérale par transfusion de produits sanguins labiles
  • mère-enfant pendant la grossesse uniquement dans les pays en développement, avec un risque plus élevé au cours du 3e trimestre et si la mère a une atteinte hépatique.

L’infection est asymptomatique dans 60 à 90% des cas. Les formes symptomatiques se rencontrent plus fréquemment chez l’adulte jeune (15-35 ans) dans les pays en développement et chez les plus de 55 ans dans les pays industrialisés.
Des formes fulminantes sont décrites chez la femme enceinte (mortalité 20%) et chez les sujets ayant une hépatopathie chronique sous-jacente.
Les infections chroniques concernent essentiellement les sujets immunodéprimés ou ayant une maladie chronique du foie.

L’incubation dure de 3 à 6 semaines.
Les IgG sont retrouvées précocement et persistent pendant plusieurs années ; en France, la séroprévalence est de 22,4% et augmente avec l’âge avec une forte hétérogénéité régionale liée aux habitudes alimentaires et à l’eau de boisson.

Le traitement de l’infection chronique repose sur la réduction des doses immunosuppresseurs et en cas d’échec, sur la ribavirine (600mg/j) pendant 12 semaines.

La prévention est collective : approvisionnement des réseaux hydriques en eau exempte de pathogènes et système efficace de traitement des eaux usées.
La prévention est individuelle : lavage des mains et consommation de viande suffisamment cuite.

Un vaccin efficace existe mais disponible seulement en Chine.

(publié le 12 janvier 2017)