L’infection à cytomégalovirus : où en est-on ?

D. Abiteboul Références en Santé au Travail, 2017, n°150, pp. 81-90. Bibliographie
L’infection à cytomégalovirus (CMV) souvent bénigne est préoccupante chez les immunodéprimés (en raison des formes sévères) et les femmes enceintes (du fait du risque encouru par le foetus en cas d’infection in utero).
L’unique réservoir du CMV est l’homme. Le CMV peut rester latent dans de nombreux organes et être à l’origine de réactivations. Il est retrouvé dans de nombreux liquides biologiques. La transmission se fait par contact avec les muqueuses par l’intermédiaire de gouttelettes de sécrétions oro-pharyngées ou des mains souillées par des liquides biologiques infectés, ou par voie sexuelle.
La maladie est très répandue et l’infection est principalement acquise pendant la petite enfance. 43 à 52% des femmes enceintes sont séronégatives.
Les facteurs de risque pour la femme enceinte séronégative sont la présence dans l’entourage, d’un enfant de moins de trois ans, surtout s’il est gardé en collectivité, une profession exposée (crèches ou garderie), le bas niveau socio-économique et la séropositivité du conjoint. La transmission au fœtus survient principalement in utero par voie transplacentaire au cours d’une primo-infection ou d’une infection secondaire chez la mère. C’est la cause non héréditaire la plus fréquente de troubles neurosensoriels et de retard mental chez l’enfant.
L’infection à CMV chez la femme enceinte est dans 90% des cas asymptomatique. En cas de diagnostic, aucun traitement n’est à ce jour validé et la grossesse doit bénéficier d’un suivi spécialisé avec réalisation d’échographies mensuelles à la recherche d’infection congénitale, complétées d’une IRM cérébrale fœtale à 32 semaines. Les nouveaux nés symptomatiques recevront un traitement par Valganciclovir qui stabilise l’audition et le développement psychomoteur et tous ceux confirmés infectés, feront l’objet d’un suivi régulier. _ Le dépistage sérologique systématique de l’infection à CMV chez la femme enceinte ou ayant un désir de grossesse continue à faire débat. Il n’est toujours pas recommandé en France bien que plusieurs pays européens dépistent maintenant largement.
En milieu professionnel, deux modes de contamination sont possibles : par contacts étroits et répétés avec des liquides biologiques de personnes excrétant du virus et à l’occasion d’un accident exposant au sang.
La prévention passe par le respect de règles d’hygiène de base en considérant tout enfant de moins de 3 ans comme excréteur de virus.
(publié le 21 septembre 2017)