La gale

C. Bernigaud, O. Chosidow La Revue du Praticien, 2018, vol. 68, n°1, pp. 63-69. Références

La gale est une maladie parasitaire de la peau, spécifique de l’homme, due à un acarien Sarcoptes scabiei, contagieuse, transmise par contact humain rapproché et prolongé dit "peau à peau" ou plus rarement par contact indirect via les vêtements ou la literie contaminés.
Cette maladie possiblement en recrudescence constitue un véritable problème de santé publique dans les pays tropicaux, plus en lien avec le surpeuplement des logements qu’à un manque d’hygiène.
En France, plus de 200 000 cas sont survenus entre 1999 et 2010.
Le diagnostic repose sur le prurit intense, à recrudescence nocturne et la présence de vésicules, sillons ou nodules dans les espaces interdigitaux, la face antérieure des poignets, les coudes, les zones axillaires antérieures, les fesses, les aréoles mammaires, l’ombilic, les organes génitaux masculins.
Le diagnostic sera confirmé par un examen microscopique du produit de grattage des lésions.
Considérée dans la plupart des de cas comme une maladie bénigne, la gale peut être associée à une morbidité non négligeable, souvent sous-estimée surtout dans les pays tropicaux.
Le traitement repose sur la prise en charge de l’individu, de son entourage proche (dépistage et traitement). Il faut s’assurer de la bonne compréhension du patient et l’informer de la nécessité d’une bonne observance des traitements et d’une décontamination environnementale qui sont primordiales pour la guérison.
Il suppose

  • l’utilisation de produits à usage topique : perméthrine en crème à 5%, association benzoate de benzyle 10% et sulfiram 2%, émulsion de benzoate de benzyle en spray (contre-indiqué chez les asthmatiques en raison du risque de bronchospasme mortel),
  • les huiles essentielles (huile de l’arbre à thé, huile d’eucalyptus...) ne sont pas indiquées en raison de nombreux cas d’allergie cutanée,
  • l’ivermectine par voie orale.

Aucun des traitements disponibles n’a d’activité ovicide suffisante, ce qui implique de proposer systématiquement deux applications ou doses à 7 ou 10 jours d’intervalle pour le patient mais aussi pour les sujets contacts.

24 h plus tard, les vêtements et la literie seront changés et lavés (à au moins 50°C).
Les vêtements non lavables seront trempés dans un acaricide ou enfermés dans un sac plastique hermétique pendant plusieurs jours, ou placés au congélateur 24h.
En cas d’épidémie, les locaux seront désinfectés.

Des résistances aux principales molécules émergent mais des alternatives thérapeutiques sont à l’étude.

(publié le 23 février 2018)