La lombalgie commune, lutter contre la sédentarité

J. Van Den Broucke, B. J. Fautrel, V. Foltz Le Généraliste, 2018, n°2821, pp.21-23. Bibliographie

4 Français sur 5 souffriront de lombalgie commune au cours de leur vie.
Dans 90% des cas, la lombalgie commune guérit en 4 à 6 semaines et parmi les 10% restants, 7% deviendront chroniques (évoluant depuis plus de 3 mois).
Le médecin recherchera d’abord les signes d’alerte ou "drapeaux rouges" en se basant sur l’interrogatoire (terrain à risque, antécédents, description de la douleur et l’examen physique (fièvre, troubles neurologiques, déformation de la colonne).
En l’absence de signe d’alerte, l’imagerie est inutile dans les 4 à 6 premières semaines.

Si la douleur persiste au bout de 6 semaines, il faut repérer les "drapeaux jaunes", qui sont reconnus pour augmenter le risque de cercle vicieux et de chronicité. Il en est ainsi des attitudes et des représentations inappropriées par rapport au mal de dos, des comportements inappropriés pour échapper à la douleur (évitement ou réduction des activités), des problèmes liés au travail, des troubles émotionnels (stress, troubles anxieux, la tendance à l’isolement ...).

Que faire ? Bouger !
Au stade de la lombalgie aiguë : antalgiques de palier 1 ou 2 associés à des AINS, mais pas d’arrêt de travail sauf 5 jours si l’intensité des douleurs le justifie (fiche repère de la Cnam) et reprendre au plus vite. "La guérison passe par la mobilisation et non par le repos". Mieux vaut bouger sous antalgiques que rester alité faute d’anti-douleur. Rééducation active dès la fin de la phase aiguë.

Au stade de la lombalgie chronique, l’essentiel est de faire bouger le lombalgique. Toutes les techniques sont bonnes et aucune n’a montré sa supériorité.
Les écoles du dos ont montré leur efficacité lorsqu’elles sont organisées en milieu professionnel.

Quand solliciter les spécialistes ?
A partir de 6 semaines d’évolution, orienter vers le rhumatologue, ou le spécialiste de médecine physique ou de réadaptation et plus tard si nécessaire vers le chirurgien.
Le préalable d’une imagerie médicale n’est pas nécessaire car les constations radiologiques sont généralement angoissantes (discopathies dégénératives, arthrose inter-apophysaire postérieure, etc. ), alors qu’elles sont courantes (liées à l’âge) et souvent asymptomatiques. Cela induit inquiétude, surmédicalisation et attitude inappropriée (réduction des activités), voire pire, intervention injustifiée. De même, les injections de corticoïdes ne sont pas recommandées dans les lombalgies chroniques sans radiculalgie.

Attention à ne pas porter le diagnostic (le plus souvent injustifié) de lésion vertébrale ou discale dans les 7 premiers jours d’évolution car cette attitude augmente de près de 5 fois le risque d’évolution chronique en comparaison avec des diagnostics non spécifiques (tels que douleur, tour de reins.)

(publié le 23 mars 2018)