Le tétanos en France entre 2012 et 2017

D. Antona, C. Maine, D. Levy-Bruhl Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, BEH, 2018, n°42, pp. 828-833. Références

Alors que l’on comptait encore environ 500 cas de tétanos par an dans les années 1960 dont plus de la moitié décédait, le tétanos est devenu rare en France en raison de la généralisation de la vaccination antitétanique.
Au cours des années 2012 à 2017, 35 cas ont été déclarés dont 29 en métropole, 1 en Guadeloupe, 2 à La Martinique et 3 à La Réunion.
21 départements métropolitains ont déclaré un cas et 4 en ont déclaré 2.
Ajoutons 4 cas supplémentaires à Mayotte, signalés chez des ressortissants Comoriens, âgés de 3 à 8 ans non vaccinés.
Bien qu’il s’agisse d’une maladie à déclaration obligatoire, le tétanos est sous-déclaré en France.
Les cas concernaient principalement des personnes âgées et des femmes. Mais 3 cas ont été déclarés chez des enfants âgés de 3 à 8 ans nés en France métropolitaine. Tous étaient mal ou non vaccinés.
La porte d’entrée de la maladie était une blessure souvent minime (77% des cas), ou une plaie chronique.
La durée d’incubation de la maladie était de 8 à 15 jours.
Le tétanos est une maladie grave entrainant une hospitalisation prolongée en service de réanimation, une létalité élevée (23%) ou des séquelles graves à type de difficultés motrices, rétractions musculaires et autres complications ostéo-articulaires(34%).

Concernant cette maladie, il n’existe aucune immunité de groupe pouvant conférer une protection individuelle indirecte et le tétanos ne conférant aucune immunité, le seul moyen de prévention est la vaccination avec une politique de rappels bien conduite. Si la couverture vaccinale est bonne chez le enfants, elle diminue à l’adolescence et est insuffisante chez les adultes. Seuls 44% des plus de 65 ans sont à jour de leur vaccination contre le tétanos.
"Tous les cas et décès pourraient être évités par une meilleure application du calendrier vaccinal, de la politique des rappels antitétaniques et en cas de plaie, par la vaccination et l’administration d’immunoglobulines spécifiques humaines".

(publié le 8 février 2019)