Leptospirose

M. de Laroche, S. Jauréguiberry La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2016, vol.66, n°8, pp.886-892. Bibliographie
On estime à 800 - 900, le nombre de cas de leptospirose en France dont plus de la moitié dans les DOM-TOM, où l’incidence est 10 fois plus élevée qu’en métropole.
La contamination par un spirochète se fait au cours d’une baignade en eau douce souillée d’urines infectées de leptospires d’origine animale. La pénétration se fait le plus souvent à travers une peau lésée ou une muqueuse mais peut se faire à travers la peau saine ramollie par un séjour prolongé dans l’eau.
Les métiers à risque sont ceux favorisant les contacts avec l’eau. Les activités de loisir sont aussi souvent incriminées.
Une recrudescence de la leptospirose se voit en pays tempéré pendant les saisons chaudes.
L’incubation dure 4 à 14 jours, voire plus de 30 jours.
Le polymorphisme clinique est important, allant du simple syndrome grippal au choc septique avec défaillance multiviscérale, potentiellement mortelle. Mais la forme grippale est plus souvent observée que l’ictère fébrile à rechute. La fièvre est quasi constante (supérieure à 40°C), associée à des céphalées intenses, des myalgies, éventuellement des signes digestifs. Les conjonctives "injectées" ne se rencontrent que dans 20 à 40% des cas. Des signes ORL sont possibles ainsi qu’une éruption maculo-papuleuse pré-tibiale.
L’envahissement tissulaire par les leptospires et/ou les manifestations toxiniques et immunologiques peuvent entraîner des souffrances d’organes.
La biologie montre une thrombopénie, une lymphopénie, une cholestase, une cytolyse hépatique, une insuffisance rénale, une hématurie et une protéinurie.
Le diagnostic repose habituellement sur la sérologie (test de micro-agglutination) répétée 15 jours plus tard sachant qu’une première sérologie négative n’exclut pas le diagnostic. La PCR (polymerase chain reaction) est de plus en plus utilisée et tend même à remplacer la sérologie dans les zones endémiques. Elle sera réalisée dans les 8 premiers jours suivant l’apparition de la fièvre, avant la mise en route d’une antibiothérapie.
Le traitement antibiotique des formes aiguës est en règle rapidement efficace et doit être mis en place avant la certitude diagnostique. Le pronostic de la maladie est désormais excellent (avec une mortalité proche de zéro), sous réserve d’un plateau technique à proximité qui permet de prendre en charge rapidement d’éventuelles défaillances vitales.
Un vaccin existe mais ne protège que contre le sérogroupe Icterohaemorrhagiae. Il est recommandé pour les professionnels exposés mais il n’y a pas de consensus concernant son utilisation pour les activités de loisirs.
(publié le 13 décembre 2016)