Leptospirose : maladie tropicale

P. Hochedez, R. Théodose, A. Cabié La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2017, vol.31, n°974, pp. 74-75. Bibliographie
La leptospirose est la zoonose la plus répandue dans le monde. La France est le pays le plus touché en Europe mais la maladie a une incidence beaucoup plus forte en zone tropicale, notamment pendant la saison humide.
La transmission à l’homme est le plus souvent indirecte à l’occasion de loisirs en eau douce contaminée par les urines d’animaux infectés, essentiellement les rongeurs. Elle peut être directe, par voie cutanéo-muqueuse, au contact d’un animal atteint.
Les sujets à risque dans les zones tempérées sont les agriculteurs, éleveurs, égoutiers, vétérinaires, les adeptes de loisirs en eau douce, les voyageurs de retour d’une zone tropicale.
En zone tropicale, les risques concernent les travailleurs agricoles et les habitants des bidonvilles.
Après une incubation de 10 jours, le tableau clinique est très polymorphe, allant du syndrome pseudo grippal anictérique dans 90% des cas, à une défaillance multiviscérale dans 5 à 15% des cas.
Une leptospirose non compliquée est difficile à diagnostiquer (fièvre, céphalées, myalgies, arthralgies, douleurs abdominales, nausées, diarrhée, hyperhémie conjonctivale. L’évolution est parfois biphasique et les symptômes disparaissent en 7-10 jours.
Les formes sévères se manifestent par une défaillance hépatorénale ou une hémorragie intra-alvéolaire ou une myocardite. L’évolution est le plus souvent sans séquelles.
Le diagnostic repose sur la PCR en temps réel (dans les dix premiers jours et avant toute antibiothérapie) et la recherche d’IgM par Elisa à partir du 6e jour.
La culture des leptospires permet d’identifier la souche (Centre national de référence de la leptospirose, Institut Pasteur).
L’antibiothérapie sera débutée dès la suspicion du diagnostic par bétalactamines pendant 7 jours ; les formes sévères seront hospitalisées.
La prévention collective repose sur la lutte contre les rongeurs.
La protection individuelle impose le port d’une tenue de protection pour les activités à risque (professionnelles ou de loisirs) ; les plaies cutanées seront désinfectées et recouvertes d’un pansement occlusif avant l’exposition.
Les activités en eau douce seront déconseillées après de fortes pluies ou des inondations.
Les voyageurs séjournant en zone tropicale et pratiquant des activités à risque recevront une prophylaxie antibiotique : doxycycline à la la dose de 200mg/ semaine ou 100mg/jour si risque de paludisme.
Un vaccin est disponible en France (Spirolept®).
(publié le 15 mars 2017)