Les bons réflexes devant des acouphènes de l’adulte

C. Le Pajolec, M. Ohresser, J. Nevoux La Presse Médicale, 2017, vol.49, n°11, pp. 1064-1070. Bibliographie

L’acouphène est la perception d’un bruit (sifflement, bourdonnement) sans source sonore extérieure. 10 à 15 % de la population mondiale en souffrirait mais seulement 3 à 20% des acouphéniques seraient très gênés.
L’acouphène peut être anxiogène et a pu être comparé à une douleur chronique ou à la douleur liée à un membre fantôme. Il est le plus souvent aigu (de 4000 Hz à 8000 Hz).
En plus d’un examen général mené par le médecin généraliste, une consultation ORL s’impose : interrogatoire (qui permet de retracer la genèse de l’acouphène et de préciser son retentissement), audiométrie tonale et vocale, acouphénométrie, éventuellement imagerie (IRM) ou bilan vestibulaire.
Au terme de cet examen, le plus souvent, aucune pathologie médicale associée à l’acouphène n’est retrouvée.
Si l’acouphène est bien supporté, le médecin se contentera de rassurer le patient.
Mais si le retentissement psychologique est important, le médecin aura un discours pourvoyeur d’espoir thérapeutique et l’orientera vers une équipe pluridisciplinaire (psychologue, psychothérapique, sophrologue, audioprothésiste, acupuncteur, spécialiste maxillo-facial).
Si les traitements médicaux sont peu efficaces, en revanche les psychothérapies [thérapies cognitives et comportementales (TCC), le Tinnitus Retraining Therapy (TRT*) et la sophrologie] apportent une réelle amélioration.

*Ndrl : Le TRT ou traitement d’habituation aux acouphènes comprend un type de soutien éducatif et une thérapie par le son administrée selon un protocole spécifique.

(publié le 26 janvier 2018)