Les femmes face à la COVID-19 : sont-elles vraiment protégées ?

S. Korsia-Meffre Journal International de Médecine, JIM.fr, Actualités, 28 avril 2020
Depuis le début de la pandémie de COVID-19, toutes les équipes hospitalières, à l’échelon mondial, constatent que les hommes sont surreprésentés parmi les patients hospitalisés pour formes sévères de COVID-19 : avec environ deux fois plus d’hommes que de femmes.
Mais une fois les patients admis en réanimation, la différence de mortalité entre hommes et femmes existe toujours, mais elle est moins marquée.
Cet effet "lissant" de l’âge pourrait refléter le fait que les patientes et patients décédés présentaient la même prévalence de comorbidités (71,3 % des femmes décédées souffraient d’une maladie chronique et 64,7 % des hommes).
C’est la conclusion d’une étude new-yorkaise qui a porté sur 4 103 patients vus pour COVID-19. Aucune autre étude épidémiologique n’a, à ce jour, effectué d’ajustement en fonction des comorbidités. Il est donc trop tôt pour en faire l’unique cause.
De nombreuses autres hypothèses ont été suggérées : élimination plus rapide du SARS-CoV-2 par les femmes, immunité innée plus réactive que les hommes, meilleur contrôle de cette immunité innée pour prévenir une réponse inflammatoire excessive.
(publié le 29 avril 2020)