Lombalgie chronique et rééducation

E. Thomas Le Généraliste, 2018, n°2842, pp. 27-29. Bibliographie
La lombalgie est dite chronique à partir d’une évolution supérieure à 12 semaines.
La Lombalgie chronique (LC) est hétérogène quant aux structures anatomiques touchées (ou supposées l’être), à son retentissement fonctionnel, socioprofessionnel, familial et psychologique et la rééducation doit tenir compte de l’ensemble de ces facteurs.
D’importants mécanismes sont en cause dans la lombalgie chronique tant physiques que cognitifs. La composante "peur" accompagne le processus douloureux entraînant une réorganisation de l’activité musculaire "se traduisant par des schémas moteurs aberrants au cours de la lombalgie".
Le processus d’inhibition lié à la peur du mouvement joue un rôle dans l’amplification des phénomènes de sensibilisation et d’abaissement du seuil de perception de la douleur. Il s’ensuit "un état d’inhibition globale qui entraîne à terme un état de déconditionnement physique, psychique et social".
La rééducation suppose divers stades : le stade antalgique (utilisant les techniques de massages, de thermothérapie, d’électrothérapie ou d’ultrasons) qui sera suivi rapidement par les étapes de décontraction musculaire, de renforcement musculaire, de proprioception et de travail aérobique.
S’y ajoutent les thérapies comportementales et les stages de restauration fonctionnelle du rachis (qui se déroulent en secteur hospitalier ou en centre de rééducation d’une durée de 3 à 6 semaines et comportant plus de 100 heures d’exercice).
La prise en charge d’une lombalgie en médecine générale doit insister sur la nécessité de maintenir le mouvement et prévenir les troubles psycho-comportementaux. "L’analyse clinique doit être pluridimensionnelle : biomédicale, psychologique et sociale. La démarche du médecin est centrée sur le patient, et permet de construire avec lui une décision le concernant".
Il faut expliquer au patient qu’il y a peu de concordance entre les lésions anatomiques et les conséquences fonctionnelles et qu’il faut cesser la consommation excessive d’examens d’imagerie qui donnent une justification visible à leur souffrance.
La seule thérapie est la réappropriation du mouvement, de la souplesse et de la force musculaire et à terme, de l’endurance physique.
(publié le 31 octobre 2018)