SARS-Cov-2 et virus saisonniers : une cohabitation à risque ?

I. Lacamp Le Généraliste, 2020, n°2924, pp. 14-16
Que penser de la cohabitation du virus SARS-Cov-2 (qui continue de progresser en France) et le retour des épidémies saisonnières de bronchiolite, de gastro-entérite et de grippe ?
Il est probable que l’application des mesures barrières (port du masque, distanciation physique, lavage des mains) soit de nature à limiter la circulation des pathogènes respiratoires.
Une revue de la littérature a rappelé que le VRS (virus respiratoire syncytial), les rhino ou entérovirus ainsi que les coronavirus saisonniers pouvaient être des co-pathogènes du SARS-CoV-2. Si ces co-infections sont estimées rares, les Chinois enregistraient en mars 2020, plus de 10% de co-infections Covid-19 et grippe saisonnière. Un travail de modélisation suggère que l’infection par un virus grippal pourrait multiplier par deux le risque d’attaque par le SARS-CoV-2. Certains y voient le résultat d’un effet inflammatoire du virus de la grippe sur l’épithélium bronchique qui mènerait à une expression accrue du récepteur du coronavirus, l’ACE2 ; d’autres croient plutôt en une compétition entre les virus.
Ces co-infections seraient graves avec un risque de décès plus que doublé en cas de co-infection par la grippe.
Autre problème : la similitude des symptômes de ces différentes viroses saisonnières avec la Covid-19, mais qui n’impacte pas véritablement le patient qui bénéficiera quoi qu’il en soit, d’une prise en charge symptomatique adaptée.
Il reste néanmoins, à se préoccuper des mesures d’isolement et de traçage des contacts.
Si les tests de détection du SARS-CoV-2 sont réalisés largement, il n’y a pas d’indication à démultiplier les tests de grippe selon le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP).
(publié le 10 novembre 2020)