Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil

Dossier coordonné par B. Némirovsky, Conseillers scientifiques : F. Gagnadoux, Y. Grillet Le Concours Médical, 2018, vol. 140, N°7, pp. 30-33

Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) concerne 12% des hommes et 6% des femmes.
Le diagnostic est clinique (somnolence diurne excessive, ronflements sévères et quotidiens, sensations d’étouffement et de suffocation pendant le sommeil, sommeil non récupérateur, nycturie) et sera confirmé par la polygraphie ventilatoire ou la polysomnographie (qui associe enregistrement de la respiration au cours du sommeil, ECG , électro-oculogramme, EMG, oxymétrie...), révélant un indice d’apnées-hypopnées (IAH) supérieur à 5.
La quantification de la somnolence diurne se fait par l’échelle d’Epworth ou le questionnaire de Berlin (outil simple utilisable en médecine générale).

Les évènements respiratoires induisent une altération du métabolisme lipidique, glucidique et hépatique, indépendamment de l’obésité.
Le SAHOS est associé à une fréquence augmentée de l’intolérance au glucose et au diabète de type 2 et aggrave les hépatopathies non alcooliques stéatosiques.
Le risque cardiovasculaire est également augmenté : hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, arythmie, ischémie cardiaque, accident vasculaire cérébral.
En raison de la fréquence des comorbidités, le SAHOS impose une approche thérapeutique multidisciplinaire, incluant modification des comportements alimentaires, renforcement de l’activité physique, traitement médical de l’HTA, réduction de la stase veineuse par le port de bas de contention.
La Pression Positive Continue (PPC) n’améliore pas ou peu le statut métabolique des patients obèses porteurs de SAHOS. Elle est indiquée en priorité chez les patients ayant un IAH égal ou supérieur à 30. Dans les formes modérées, elle est prescrite en fonction de la sévérité de la somnolence diurne et/ou du risque cardiovasculaire.
Le traitement par orthèse d’avancée mandibulaire est indiqué en première intention dans les SAHOS modérés (IAH compris entre 15 et 30).
Un bilan clinique sera effectué 3 mois après le premier enregistrement nocturne pour évaluer la tolérance et l’observance du traitement.

(publié le 31 octobre 2018)