Trajectoire de personnes souffrant de lombalgie chronique : ruptures et reconstructions après un programme de rééducation

J. Mbarga, R-A. Foley, C. Pichonnaz, C. Ancey Santé Publique, 2020, vol.32, n°1, pp.19-28. Références.
Cet article explore l’expérience de personnes dont la trajectoire de vie a été modifiée par la lombalgie chronique et qui ont participé à un programme intensif de rééducation.
L’étude réalisée dans l’Unité du rachis et de réhabilitation d’un hôpital universitaire de Suisse romande a inclus 20 personnes (9 femmes, 11 hommes), d’un âge moyen de 43 ans, actives professionnellement, souffrant de lombalgie chronique, exemptes de maladie mentale sévère ou de comorbidités pouvant interférer avec le cours du traitement et dont une grande partie exerce des métiers physiques.
Les participants mentionnent que l’apparition de la douleur a affecté leurs activités dans la vie privée et sociale mais aussi perturbé leurs trajectoires professionnelles, les contraignant à des changements douloureux à accepter, telles des reconversions professionnelles.
L’objectif de ce programme de rééducation multidisciplinaire intensif est de développer des stratégies pour mieux gérer la douleur et reprendre les activités professionnelles et extra-professionnelles. Les attentes exprimées par les participants sont celles d’obtenir des bénéfices que ne leur ont pas procuré les traitements précédents et de reconstruire leur vie d’avant.
L’entretien après le programme révèle que seules quelques personnes rapportent une diminution de la douleur mais la grande majorité a amélioré la gestion de cette douleur et la capacité à réaliser des activités malgré les douleurs résiduelles.
Onze personnes ont " la sensation d’avoir renforcé leur dos, se sentent en meilleure condition physique et estiment avoir retrouvé mobilité et souplesse".
Les avantages du programme sont davantage mis en avant au niveau de la sphère individuelle, familiale ou sociale. D’un point de vue professionnel, ils ne sont pas toujours significatifs et varient en fonction du contexte professionnel des participants".
L’intervalle d’un mois entre le 1er et le deuxième entretien visant à saisir les effets du programme est peut être trop court. Il serait intéressant de savoir si ces effets se maintiennent sur le long terme.
(publié le 16 octobre 2020)