Zika, les leçons d’une épidémie

A. Dorra Le Généraliste, 2017, n°2787, pp. 16-17
Le virus zika circulait depuis les années 1950 en Afrique. Il s’est propagé en Asie, dans le Pacifique. Il est responsable d’une épidémie d’importance en Amérique car la population était non immune.
La virose zika se transmet par voie vectorielle (moustique du genre Aedes), par voie sexuelle et par voie materno-foetale.
On a longtemps considéré que cette pathologie était bénigne mais on sait maintenant que les formes asymptotiques n’atteignent que 50%, et que l’infection à zika peut entraîner des complications neurologiques : syndrome de Guillain-Barré, encéphalites, neuroencéphalites et myélites.
La transmission materno-foetale est responsable de malformations congénitales, et le risque est d’autant plus élevé qu’elle survient tôt dans la grossesse.
La transmission sexuelle peut se produire jusqu’à un mois, voire deux après la guérison.
La clinique associe fièvre, arthralgies, myalgies, rash cutané, conjonctivite et le diagnostic n’est pas toujours évident. En cas de doute, ou chez la femme en désir de grossesse et présentant des symptômes, la PCR sera pratiquée dans les urines dans les 7 jours suivant l’apparition des symptômes et dans les 5 jours dans le sang et le sperme (si projet de grossesse), associée au contrôle des anticorps au cours du 1er mois.
Le traitement est symptomatique.
La lutte antivectorielle est primordiale.
Le réservoir viral étant les grands singes d’Afrique, il serait important de disposer d’un vaccin mais selon les experts, la route est encore longue.
Des recommandations précises seront formulées aux femmes résidant en zone endémique, en âge de procréer ou désireuses de grossesse ou qui souhaitent voyager en zone épidémique.
Il est probable que dans les années à venir, on découvre des complications neurologiques chez des enfants contaminés aux 2e ou 3e trimestre de la grossesse.
En France métropolitaine, entre le 1er janvier 2016 et le 30 janvier 2017, outre les 1 120 cas confirmés biologiquement et qui revenaient de zones de circulation du virus zika (territoires français d’Amérique majoritairement), 12 cas d’infections autochtones par transmission sexuelle ont été confirmés. Mais aucun cas de transmission vectorielle locale n’a été notifié : c’est donc que le moustique Aedes albopictus présent en France n’est pas très performant.
(publié le 8 mars 2017)