Allergies solaires : quelle prévention ?

M-T. Leccia La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vol.25, n°863, pp.460-461

Les principales allergies solaires se manifestent par une lucite estivale bénigne et une lucite polymorphe, cette dernière étant considérée comme une forme grave de la lucite estivale bénigne. Elles touchent environ 18% de la population européenne, notamment les femmes jeunes et les phototypes clairs. Elles sont faites de lésions érythémato-papuleuses parfois vésiculeuses, siégeant sur les zones photo exposées lors des premières expositions du printemps ou du début de l’été et affectent principalement le décolleté et les membres supérieurs. Cette éruption souvent prurigineuse qui apparaît quelques heures après le début de l’exposition régresse spontanément sans laisser de cicatrice. La pathogénie est encore peu connue. Le traitement passe par les corticoïdes, en local ou per os en cure courte.
La prévention repose sur

  • une photoprotection stricte (vêtements et protection solaire contre UVA et UVB à haut coefficient de protection sous réserve d’une application en quantité suffisante : 2mg/cm2) et un évitement de l’exposition solaire entre 12 h et 16 h,
  • les antipaludéens de synthèse administrés avant les premières manifestations et pour une durée de 4 semaines pour les formes modérées,
  • la puvathérapie réalisée avant le début des expositions solaires à raison de 3 séances par semaine pendant 4 semaines, et répétée chaque année.

L’urticaire solaire est une photodermatose beaucoup plus rare affectant principalement les femmes entre 20 et 40 ans. L’éruption est constituée de plaques érythémato-papuleuses avec sensations de brûlures et ou de prurit, survenant en moins de 15 minutes sur les zones photo exposées et disparaissant en moins de 24 h. Elle s’accompagne de signes généraux en cas de prolongation de l’exposition.
Le rayonnement visible est suffisant pour déclencher cette urticaire, ce qui rend la prévention par protection solaire inefficace.
Les antihistaminiques sont le traitement de première intention ; les caroténoïdes et les antipaludéens de synthèse sont inefficaces.
Une puvathérapie peut être proposée mais dans un centre spécialisé et sous surveillance attentive du fait du risque de choc anaphylactique.

(publié le 21 juillet 2011)