De l’intérêt de la mise en place de formations pour les tatoueurs perceurs

F. Pospisil, A-M. Achard, D. Carrière, V. Chaix, H. de Rance, E. Jacquemoud, J. Tracol Hygiènes, 2014, Vol. 22, n°2, pp. 139-142. Bibliographie

Le tatouage et le piercing sont devenus des phénomènes de mode très répandus et on estime aujourd’hui qu’un Français sur 10 est tatoué et 20% de ces personnes ont entre 25 et 35 ans. Le nombre de tatoueurs installés en France est d’environ 4000. Il n’existe aucune formation diplômante, ni aucun cours agréé par l’État français ou par la profession. La formation se fait par compagnonnage auprès de connaissances.
Plusieurs textes législatifs encadrent depuis quelques années cette profession et un arrêté de 2009 prévoit une formation obligatoire de 21h sur trois jours consécutifs, exigible pour tous. Dispensée par des équipes qualifiées en hygiène hospitalière et habilitées par la préfecture de la région, elle a pour objectif de rappeler les bonnes pratiques d’hygiène dans les gestes du tatoueur, de mettre en place des ateliers pratiques et de faire connaître la législation qui encadre dorénavant cette profession.
Les complications des tatouages ou piercings sont en effet nombreuses :

  • complications bactériennes le plus souvent locales principalement à staphylocoques, streptocoques du groupe A ou Pseudomonas aeruginosa,
  • complications bactériennes générales graves : septicémies à staphylocoque doré, cellulites avec fasciites nécrosantes, chocs septiques, endocardites, hépatites virales B et C,
  • infections à mycocobactéries atypiques sur des plaies post-tatouages notamment par contamination des encres par l’eau du robinet.

Durant les formations, des évaluations sont faites en début de session, en début et fin de séance par des quiz pour apprécier le bilan des acquis de la journée. Des supports de cours sont distribués aux stagiaires. Des ateliers pratiques sont organisés avec un mannequin de formation. Un spécialiste de médecine chinoise indique les points à ne pas tatouer.
La mise en place de ces programmes n’est pas simple car devant s’insérer dans un planning de formation des soignants déjà chargé. Ce projet a comme spécificité de s’adresser à un public particulier, peu familier des bancs de l’université et installé déjà depuis plusieurs années. Les consignes doivent être évolutives et interactives et les instructeurs doivent sans cesse s’informer des nouvelles techniques afin d’adapter au mieux la formation.

(publié le 6 novembre 2014)