Diabète et travail sont compatibles

C. Barruyer Prévention BTP, 2011, n°147, pp.48-50

3,4 millions de Français sont diabétiques et beaucoup sont en âge de travailler.
Si cette maladie induit des risques spécifiques dans certaines activités, les conditions de travail peuvent aussi l’aggraver.
Le diabète qui se traduit par des troubles de la régulation de la glycémie se manifeste sous deux formes :

  • le diabète de type I qui se soigne par l’insuline,
  • et le diabète de type II (environ 90% des cas) qui est dû à la résistance à l’insuline de l’organisme. Il se traite par hypoglycémiants ou insuline.

Dans le cadre professionnel, le risque majeur est l’hypoglycémie, qui peut générer un accident.
L’hyperglycémie est préoccupante mais à long terme, car elle fait le lit des complications : néphropathie, rétinopathie, neuropathie, pied du diabétique avec le risque d’amputation, pathologies cardiovasculaires (le diabète multiplie par 3 le risque d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus du myocarde et par 6 celui d’artérite des membres inférieurs).
S’il convient de prendre des précautions avec les sujets diabétiques, dans les situations dangereuses, il convient d’en finir avec les discriminations car la majorité des diabétiques de type II ne sont pas à risque. En effet, un certain nombre de médicaments ne favorisent pas l’hypoglycémie, les lecteurs de glycémie portatifs sont aujourd’hui miniaturisés et faciles à employer, les insulines les plus récentes autorisent de la flexibilité dans les horaires et dans l’alimentation.
Le problème est que la législation est désuète et que beaucoup de professions restent fermées aux diabétiques.
La décision d’aptitude revient au médecin du travail en collaboration avec le médecin traitant et le diabétologue après qu’il ait déterminé si le salarié connaît bien sa maladie et la maîtrise.
Des aménagements de poste sont parfois conseillés afin de favoriser les horaires de travail réguliers, d’éviter le travail en situation isolée ou, dans certains cas, le travail en hauteur.
Quoi qu’il en soit, face à un diabétique mal équilibré, la mise en invalidité n’est pas la bonne solution, car avoir un but professionnel peut être un facteur d’observance du traitement et donc concourir à un meilleur équilibre de la maladie.

(publié le 30 janvier 2012)