Dormir ou conduire, il faut choisir

G. Carcaly Face au Risque, 2015, n°518, pp.13-15

Une étude publiée en novembre 2014 indique que 62,5% des conducteurs en milieu professionnel ont déjà lutté contre le sommeil lors de leurs trajets autoroutiers et 15% ont vécu un accident ou un presque-accident en lien avec le manque de vigilance .

La faute à la somnolence ? Cette difficulté à rester éveillé par manque de sommeil qui se manifeste par des bâillements, des paupières lourdes et qui entraîne des micro-sommeils.
Ou la faute à la fatigue ? Cet état d’épuisement physique et psychique qui empêche de rester concentré et qui se manifeste au volant par le regard fixe, la nuque raide, le mal de dos... (et qui pourrait être causée par le rythme de travail, les horaires atypiques,....).

Les conséquences de ces deux états peuvent être redoutables.
La somnolence altère les perceptions, diminue le champ visuel et augmente le temps de réaction. 24 h sans sommeil correspondent du point de vue des performances, à un taux d’alcoolémie supérieur à 1 g/l.
La fatigue rend difficile la prise de décision tandis que l’œil reste fixe et ne balaie plus la route.

La prévention passe par la sensibilisation des conducteurs aux bonnes pratiques :

  • éviter de prendre le volant après plus de 17 heures de veille ou si la nuit de sommeil a été inférieure à 5 h,
  • éviter de rouler entre 4 et 6h du matin, et entre 14h et 16h qui sont les heures les plus propices à la baisse de vigilance,
  • éviter les médicaments qui ont une action sur la vigilance,
  • savoir reconnaître les signes avant-coureurs de somnolence et de fatigue.

Si la somnolence survient : pas d’autre remède que le sommeil (10 à 15 minutes suffisent pour récupérer 1h 30 de vigilance).
Si la fatigue est présente, la sieste n’a pas d’intérêt. Il est impératif de trouver le repos mental (penser à autre chose ou écouter la radio), et surtout physique (prendre un bol d’air, faire une pause, marcher, faire des élongations) et réduire sa vitesse.
Sachant que 41% des conducteurs en mission et 28% des automobilistes sur leur trajet domicile-travail estiment conduire avec une dette de sommeil, et que le risque d’avoir un accident est multiplié par 8 en cas de somnolence, il est indispensable que fatigue et somnolence soient prises en compte dans l’évaluation des risques et que les moyens de prévention soient mis en place.

(publié le 3 mars 2016)