Effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression

M. Gaspar de Matos, L. Calmeiro, D. da Fonseca La Presse Médicale, 2009, vol.38, n°5, p.734-739. Bibliographie

Si les avantages de la pratique d’une activité physique sont maintenant reconnus en termes de réduction des risques de mort prématurée de certaines maladies cardiovasculaires, du diabète de type II et du cancer du côlon, ils le sont également dans le cadre du bien-être psychologique. Différentes études en population générale mais également sur des populations sélectionnées souffrant d’anxiété ou de dépression donnent des résultats significatifs. Ainsi l’activité aérobie (normalement d’intensité modérée et pouvant se maintenir longtemps comme la nage, la promenade ou la marche) semble réduire la sensibilité à l’anxiété, précurseur des troubles paniques. Les individus ayant pratiqué une activité physique régulière seraient même protégés de la dépression entre 2 et 9 ans après l’arrêt de cette activité. Cette association a été retrouvée pour les personnes âgées (65 -79 ans) mais pas pour les adultes d’âge moyen (40-64 ans). La marche dans nos activités quotidiennes ne semble pas assez intense pour avoir un impact sur les symptômes dépressifs chez les adultes. Il semble que la course à pied ait des effets supérieurs sur la dépression chez des patients présentant un trouble dépressif, par rapport aux activités mixtes (telles que football, volley-ball, trampoline) ou à la relaxation. Les mécanismes à l’origine de cet effet sont physiologiques : l’augmentation des endorphines circulantes pendant l’exercice aurait une action médiatrice du fait de leur importance dans la régulation des émotions et dans la perception de la douleur. L’augmentation de la température corporelle pourrait aussi être responsable de la diminution de l’anxiété. L’explication est aussi biochimique par augmentation des neuromédiateurs chimiques cérébraux ; l’effet antidépresseur et anxiolytique de l’exercice est attribué à l’inhibition d’une activité neuronale excessive dans des régions préfrontales et dans l’amygdale. Enfin l’explication est psychologique, l’activité physique engendrant une augmentation de la sensation de maîtrise de soi et du sentiment d’efficacité. Au total, « l’activité physique peut être considérée comme une aide thérapeutique aux approches psychothérapeutiqes et pharmacologiques de la dépression et de l’anxiété. Elle semble donc constituer un type de traitement non spécifique avec un réel potentiel psychothérapeutique qui a été jusqu’à présent négligé ».

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(publié le 23 septembre 2009)