Facteurs de risque cardiovasculaire et prévention

G. Chironi, A. Simon La Revue du Praticien, 2010, vol.60, n°9, pp.1303-1309
Les maladies cardiovasculaires sous-tendues par l’athérosclérose restent la première cause de mortalité dans les pays développés.
Il est donc important de dépister prioritairement les sujets à forte probabilité d’accident ischémique dans les 10 ans à venir et de les traiter de façon rigoureuse.
Le sujet à haut risque se définit par plus de 20% de risque d’évènement coronarien à 10 ans. Cela concerne les coronariens connus ou porteurs d’autres atteintes artérielles symptomatiques, ceux qui sont porteurs d’une athérosclérose infraclinique carotidienne ou périphérique significative, les diabétiques de type II surtout s’il existe une atteinte rénale associée, les porteurs d’une hypertension artérielle sévère (systolique supérieure à 180 mm Hg et/ou diastolique supérieure à 110 mm de Hg), ou d’une hypercholestérolémie sévère (cholestérol LDL supérieur à 2,40 g/l).
Certains individus présentent plusieurs facteurs de risque d’intensité légère à modérée mais leur cumul est susceptible de procurer un risque cardiovasculaire élevé. Il est possible d’utiliser un modèle mathématique type score de Framingham qui considère âge, sexe, cholestérol total et HDL, pression artérielle systolique, tabagisme pour déterminer l’importance du risque. Les tables sont disponibles sur Internet http://hp2010.nhlbihin.net/atpiii/c...
Ce score destiné aux populations nord-américaines surestime le risque cardiovasculaire lorsqu’il s’adresse à des populations françaises. Ce score peut semble-t-il être divisé par un facteur 1,5 à 2, mais il serait plus précis d’utiliser le score européen (SCORE), dérivé d’études européennes.
Le sujet à risque intermédiaire se définit par la présence de 10 à 20% de risque d’évènement coronarien à 10 ans  ; il concerne les sujets ayant des antécédents familiaux de maladie coronarienne ou de mort subite prématurée, des sujets sans activité physique régulière, ceux en sur poids, ceux porteurs d’une maladie artérielle infraclinique
La détection d’ischémie myocardique traduisant la présence de sténoses coronariennes repose sur l’électrocardiogramme d’effort. Cet examen n’est pas recommandé chez les sujets à risque cardiovasculaire faible ou intermédiaire du fait de risque de faux positif.
La scintigraphie cardiaque peut améliorer la valeur diagnostique de l’électrocardiogramme d’effort particulièrement en cas d’hypertrophie ventriculaire gauche.
"La prévention cardiovasculaire primaire et secondaire repose toujours sur les règles hygiénodiététiques et en fonction des facteurs de risque modifiables et du niveau de risques, sur des médicaments ayant démontré leur efficacité non seulement pour réduire le facteur de risque mais aussi pour réduire le risque de morbi-mortalité.
Le traitement de réduction du risque est une véritable stratégie qui doit définir des cibles thérapeutiques et des seuils d’intervention, se fixer des objectifs à atteindre et employer les moyens adéquats, médicamenteux ou non, pour les obtenir et les maintenir durablement".
(publié le 8 février 2011)