Fontaines réfrigérantes : enquête au cours d’un cas de légionellose

E. Tiev, M. Valdin, P. Poreba, N. Landgraf, J-J. Pik, P. Saint laurent Hygiènes, 2011, vol.19, n°2, pp.57-60. Bibliographie
Le mode principal de contamination de la légionellose est la transmission par inhalation de gouttelettes d’eau en suspension dans l’air.
Il est rapporté ici le cas d’un homme de 84 ans hospitalisé pour une lombalgie aiguë en service de neurochirurgie et décédé 11 jours plus tard d’une légionellose en réanimation.
Devant l’hypothèse d’une possible légionellose nosocomiale, des prélèvements d’eau des fontaines réfrigérantes du service de neurochirurgie ont été effectués, retrouvant la présence de Legionella pneumophila sérotype 1 et une température au niveau de la fontaine supérieure à celle préconisée (<14°C). Il s’agissait de fontaines à serpentins, branchées sur un réseau d’eau sanitaire.
Parallèlement, des prélèvements sériques et un prélèvement bronchique recueillis avant décès du patient se sont révélés négatifs, ce qui n’exclut cependant pas l’hypothèse de cette légionellose nosocomiale.
Cette observation permet d’aborder un sujet peu documenté dans la littérature : l’acquisition d’une légionellose par ingestion d’eau, à l’occasion de fausses routes répétitives, fréquentes chez les personnes âgées avec troubles neurologiques.
Une utilisation peu fréquente des fontaines ou un soutirage insuffisant entrainent une stagnation d’eau dans une zone où règne une température favorable à la prolifération des légionelles.
Il paraît dès lors judicieux de mettre en place, en dehors des cycles de désinfection, certaines mesures préventives telles une recherche systématique de légionelles au niveau des fontaines réfrigérantes des services à risques, en complément du contrôle de potabilité et de la purge quotidienne (d’une quantité égale à la capacité de stockage des fontaines).
(publié le 29 juillet 2011)