Grippe : le point en 2015

B. Lina La Revue du Praticien Médecine Générale, 2015, vol.29, n°945, pp. 539-541

Pour être efficace, le vaccin contre la grippe doit avoir les caractéristiques antigéniques identiques à celles du virus circulant et comme de nombreux virus à ARN, ce virus est capable de mutation imprévisible lors de sa réplication.
Le choix des souches vaccinales se fait donc en fonction des virus circulants mais comme la production des vaccins nécessite 4 à 5 mois, il se peut qu’une variation antigénique survienne après la sélection, et de fait elle ne pourra être intégrée dans le futur vaccin.
C’est ce qui s’est passé lors de l’hiver 2014-2015, où une souche variante d’émergence tardive a été responsable d’une grande partie de l’épidémie en France, et la mortalité observée a été plus élevée que celle attendue, notamment chez les personnes âgées.
Les vaccins contre la grippe, sans adjuvants se présentent sous la forme

  • d’un vaccin injectable, inactivé (accessible à tous)
  • et d’un vaccin vivant inhalable atténué (pour les enfants de 2 à 18 ans).

L’efficacité des vaccins inactivés décroît avec l’âge (80% chez les adultes jeunes mais 40% ou moins chez les plus de 65 ans)
Toutes les tranches d’âges sont touchées mais les vecteurs de l’épidémie sont les enfants d’âge scolaire.
La grippe chez les sujets âgés est rare mais associée à une morbi-mortalité très élevée et tout sujet grippé essoufflé doit être hospitalisé en urgence.
Les antibiotiques ne sont jamais utiles au début de l’infection mais restent aujourd’hui prescrits chez plus de 50% des grippés non surinfectés.
Les antiviraux (inhibiteurs de la neuraminidase : oseltamivir ou zanamivir) sont efficaces s’ils sont prescrits très précocement (dans les 24h suivant l’apparition des symptômes) et au delà de 48 heures, l’antiviral n’a plus qu’un effet marginal.
Les mesures d’hygiène sont primordiales pour éviter l’extension d’une épidémie : lavage régulier des mains, port d’un masque chirurgical par le malade, ventilation et aération régulière des pièces, distanciation sociale.
La vaccination de soignants souvent insuffisante, entraîne un risque de transmission nosocomiale des virus influenza.

(publié le 24 septembre 2015)