Infections à la suite de morsures ou griffures

F. Goehringer, T. May Encyclopédie Médico-Chirurgicale, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, Maladies Infectieuses, 2015, vol.12, n°3, 8-003-O-10, 7 pages. Bibliographie
En France, les animaux domestiques sont responsables d’environ 100 000 plaies par an : les chiens en premier lieu (80%) puis les chats 10 à 20% et de manière plus anecdotique, les rongeurs domestiques.
Les morsures sont loin d’être anodines car elles sont souvent sujettes à infection. La surinfection bactérienne (un mélange de bactéries aérobies et anaérobies) est la complication la plus fréquente notamment en cas de morsure féline. Les morsures à la main peuvent entraîner des séquelles fonctionnelles potentiellement importantes. Les sujets immunodéprimés sont les plus à risque d’infections graves.
Différents tableaux spécifiques sont détaillés dans cet article : pasteurellose, maladie des griffes du chat, tularémie, leptospirose, haverhillose et sodoku (deux maladies de symptomatologie proche et secondaires à une morsure de rat sauvage), chorioméningite lymphocytaire, infection à herpes simien.
La prise en charge rapide (souvent contuse) de la plaie est importante et l’antibiothérapie (association amoxicilline - acide clavulanique, à défaut doxycyline), en l’absence d’infection déclarée au moment de la consultation initiale n’est pas consensuelle. Une morsure sera explorée et si le siège est la main, cette dernière sera immobilisée entre 3 et 5 jours en position de fonction.
La prévention du tétanos sera systématique (après contrôle si nécessaire à l’aide d’un test rapide de détection des anticorps tétaniques dans les services d’accueil ou d’urgence).
La prévention de la rage sera adaptée et systématique en cas de morsure de chauve-souris, d’animal inconnu ou à comportement suspect. La sérovaccination relève dans ce cas d’une consultation spécialisée dans un service agréé et justifie le protocole long dit "Essen" : J0, J3, J7, J14, J30, ± J90.
Les morsures humaines sont souvent plus sévères et s’infectent encore plus souvent que les morsures par animaux. Le risque est aussi celui de la transmission de l’hépatite B, voire de l’hépatite C ou du virus de l’immunodéficience humaine en cas de salive hémorragique. L’antibiothérapie sera systématique.
La prévention repose sur le rappel des messages d’éducation fondamentaux notamment vis-à-vis des enfants, de leurs parents et des propriétaires d’animaux sensibles. Une vaccination antirabique préexposition est indiquée lors des séjours aventureux et prolongés dans les pays intertropicaux.
(publié le 31 décembre 2015)