L’infection à VIH-sida en France en 2009 : dépistage, nouveaux diagnostics et incidence

Coordination scientifique : F. Cazein, C. Semaille, P-Y. Bello, B. Morel Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), 2010, numéro thématique, n°45-46, pp.449-476. Bibliographie
En 2009, cinq millions de sérologies VIH ont été réalisées dont 8% (environ 400 000) dans une Consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Parmi elles, environ 10900 ont été contrôlées positives dont 12% (environ 1 350) réalisées en CDAG. Les CDAG dépistent un public plus jeune et plus à risque. L’Île-de-France et les départements d’outre-mer sont les régions qui dépistent le plus mais qui ont aussi le plus grand nombre de sérologies positives.
Une modélisation a évalué l’intérêt d’une stratégie de dépistage universelle incluant un dépistage volontaire du VIH proposé à l’ensemble des adultes âgés de 18 à 69 ans par rapport à la stratégie actuelle (visant les populations à risque). Elle améliorerait la survie comparativement à la stratégie actuelle.
Une expérience a été menée dans 27 services d’urgences d’Île-de-France où pendant 6 semaines consécutives, un dépistage du VIH a été proposé aux consultants adultes. Ce dépistage a été bien accepté et a dépassé 6 consultants sur 10 mais il n’atteint qu’un cinquième de la population éligible.
Le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité en 2009 est estimé à environ 6 700, nombre en légère augmentation par rapport à 2008, mais cette augmentation n’est retrouvée que chez les hommes homosexuels. Il en est de même pour les nouveaux diagnostics de sida qui augment parmi les homosexuels alors que globalement le nombre diminue depuis plusieurs années. Les tendances à l’augmentation restent particulièrement inquiétantes dans cette catégorie depuis 2003. Il est important d’intensifier le dépistage chez les homosexuels et en particulier de renforcer le dépistage précoce après prise de risque, afin de réduire le risque de contamination très élevé en phase de primo-infection.
En 2009, la première enquête de séroprévalence pour le VIH a été menée auprès de 919 hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et fréquentant des lieux de convivialité gay parisiens. La prévalence pour le VIH était de 17,7% ; le recours à un test de dépistage du VIH dans les 12 derniers mois était de 62%. Cependant, 20% des HSH séropositifs ignoraient leur séropositivité.
En France, la surveillance des diagnostics d’infection pour le VIH a permis d’estimer en 2008 le nombre de nouvelles infections à 6 490 correspondant à un taux d’incidence du VIH de 17 pour 100 000 personnes-années se répartissant en 3 550 nouvelles infections chez les hétérosexuels, 3 320 chez les homosexuels et 70 chez les usagers de drogues injectables. Si l’incidence globale du VIH a diminué entre 2003 et 2008, elle reste comparativement élevée et stable chez les HSH et seulement 1% des nouvelles infections est attribuable à l’usage de drogue par injection.
(publié le 10 février 2011)