La gestion des déchets d’activité de soins à risques infectieux par les professionnels de santé libéraux : études de pratiques

A. Brunot, C. Thompson Santé Publique, 2010, n°6, pp.605-615
Une enquête par questionnaire auprès d’un échantillon de professionnels de santé en exercice en cabinet libéral à Paris a été menée afin d’étudier la production et le traitement des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI).
A part les kinésithérapeutes dont la production de DASRI était marginale, la plupart des professionnels de santé enquêtés produisaient des DASRI : 90% pour les dentistes, infirmiers et/ou médecins omnipraticiens, 84,9% à 61,9% selon les groupes de médecins spécialistes. La production de déchets souillés variait mensuellement de 2,4 litres à 13,9 litres.
Pour les déchets piquants-coupants, tous les professionnels pratiquaient le tri dont 89,9% dans un emballage approprié ; pour les déchets souillés non piquants-coupants, 84,1% des professionnels pratiquaient le tri, dont 59,9% avec un emballage approprié. La principale filière d’évacuation des DASRI était la collecte au cabinet par une société de service, mais d’autres circuits spécifiques restaient utilisés surtout pour les déchets piquants-coupants : dépôt dans un établissement de soins (16,4%), laboratoire d’analyses biomédicales (9%). Au total, 91% des répondants évacuaient leurs déchets piquants-coupants par une filière spécifique (hors ordures ménagères). Pour les déchets souillés non piquants-coupants, le recours à un prestataire de service restait prédominant (55,1%) mais dans un quart des cas, l’élimination de ce type de déchets se faisait via les ordures ménagères.
Si 86% des producteurs de déchets piquants-coupants et 62% des producteurs de déchets souillés non piquants-coupants étaient en conformité quant aux conditions d’emballage et de filière d’élimination, ils n’étaient plus que 48% à rapporter l’existence de documents de traçabilité de l’élimination des DASRI.
Cette enquête a montré un besoin d’information des professionnels de santé sur la réglementation relative aux DASRI mais a aussi relevé l’imprécision de la définition du risque infectieux : 31,7% des professionnels déclarant ne produire que des déchets piquants et coupants n’ont pas précisé le critère d’un risque infectieux.
(publié le 15 février 2011)