La somnolence au quotidien du France : facteurs associés et conséquences.
Enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INVS-MGEN 2011)

D. Léger, M-F. Vecchierini, A. Metlaine, P. Philip, J. Adrien, J. Paquereau Bulletin épidémiologique hebdomadaire, BEH, 2012, n°44-45, pp. 518-521. Bibliographie
Une enquête par téléphone a été réalisée du 3 au 11 janvier 2011 auprès d’un échantillon de 1 012 adultes (51,5% de femmes) âgés de 18 à 60 ans. 78% des personnes travaillaient, dont 24% en horaires décalés et 3% de nuit.
Ont été analysés les temps de trajet domicile-travail, le temps passé devant la télévision ou à surfer sur Internet, le temps de sommeil, le nombre de siestes, le chronotype (être du soir ou du matin) et le score à l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS).
21% des sujets interrogés ressentent de la somnolence dans la journée au moins 3 fois par semaine même lorsqu’ils ont bien dormi. Les femmes se sentent plus souvent somnolentes de même que les ronfleurs et ceux qui consomment du café ou du thé pour se tenir éveillés.
7% du groupe total (et 15% des hommes) s’endorment régulièrement sans pouvoir résister, au moins 3 fois par semaine et pour 4% ces endormissements ont lieu tous les jours.
L’ESS fait état de 19% des sujets interrogés qui peuvent être classés comme somnolents et 3% comme somnolents sévères.
Les facteurs significativement associés à la somnolence sont l’importance du temps de trajet déclaré par 24 h, le fait de travailler de nuit ou en horaires décalés, les pathologies du sommeil diagnostiquées.
La somnolence au volant est un réel problème d’autant que les sujets somnolents conduisent en moyenne significativement plus que ceux qui ne sont pas somnolents. 12% des conducteurs ont dû s’arrêter de conduire au moins une fois pour dormir au cours des 12 deniers mois. Ce besoin de s’arrêter est significativement plus élevé chez ceux qui font la sieste au moins 3 fois par semaine, et chez ceux qui conduisent régulièrement la nuit.
3% des conducteurs rapportent s’être endormis au volant au cours des 12 derniers mois (en moyenne 3,4 fois) mais trois conducteurs se sont endormis plus de 10 fois. Si 70% des conducteurs choisissent de s’arrêter, 30% continuent. Ceux qui ont bien voulu répondre luttent contre la somnolence en prenant du café ou du thé (31%), en effectuant une activité physique (16%), en faisant la sieste (13%), en absorbant des boissons énergisantes (4%) ou des médicaments (3%).
Cette enquête fait état d’une prévalence élevée de la somnolence dans la population adulte française ; le résultat est à affiner pour mieux savoir comment passer de l’identification d’un état à la plainte. En effet, la plainte de somnolence n’est pas facilement identifiable. Fatigue et somnolence sont souvent confondues. Si la fatigue est souvent une plainte, la somnolence est au contraire parfois considérée comme un signe de bonne santé (la possibilité pour certains de pouvoir faire la sieste en pleine journée étant plutôt ressentie comme un avantage).
(publié le 14 janvier 2013)