Le bon sommeil des salariés

E. Phan Chan The Préventique, 2012, n°122, pp.91-95
Un mauvais sommeil a une influence sur les performances physiques (affections cardiovasculaires, fatigue musculaire, troubles immunitaires, prise de poids, etc.), intellectuelles et cognitives (troubles mnésiques et de l’attention, aux conséquences parfois dramatiques : accidents de la route et désinsertion professionnelle).
Une enquête menée en 2011 auprès de plus de 1 000 personnes a montré que 1 Français sur 5 se sent somnolent au moins 3 fois par semaine et même après une bonne nuit, et que 4,7% des personnes somnolentes s’endorment dans la journée sans pouvoir résister.
La somnolence serait en lien avec un temps de trajet quotidien trop long, un temps de sommeil trop court, des horaires irréguliers ou décalés, un temps de conduite conséquent et une utilisation trop importante des nouvelles technologies en soirée (télévision et Internet perturbent le sommeil en particulier si l’exposition a lieu juste avant de dormir).
La somnolence est la première cause d’accident sur autoroute. 3% des conducteurs déclarent s’être endormis en conduisant dans les 12 derniers mois. Le risque d’endormissement concerne potentiellement près d’un million de conducteurs. Il n’est pourtant pas perçu comme un danger et 30% des sujets se sentant somnolent décident néanmoins de poursuive leur activité de conduite.
Les équipes des services de santé au travail doivent proposer des programmes d’éducation à la santé. L’évaluation des risques professionnels devrait intégrer les risques de "somnolence " pour les fonctions ou postes de sécurité et de sûreté afin de proposer voire d’imposer des pauses adéquates adaptées (voire des siestes) pour les salariés concernés.
(publié le 23 août 2012)