Le nombre important de cas importés de chikungunya en France métropolitaine représente un défi pour la surveillance et l’intervention

M-C. Paty et coll. Bulletin Epidémioloique Hebdomadaire, BEH, 2014, n°23, pp. 404-408. Bibliograpie
En cet été 2014, toutes les conditions sont réunies dans 18 départements du sud de la France métropolitaine pour une transmission autochtone du virus du chikungunya et dans une moindre mesure, du virus de la dengue : un vecteur compétent (Aedes albopictus), un grand nombre de voyageurs revenant des départements français d’Amérique (DFA), alors qu’y sévit une importante épidémie de chikungunya (80 000 cas cliniquement compatibles dénombrés au 15 juin 2014). Du 2 mai au 4 juillet 2014, 126 cas importés confirmés ont été notifiés en France métropolitaine.
Depuis 2006, un plan anti-dissémination du chikungunya a été mis en œuvre tant entomologique (opérations de démoustication, surveillance de la présence et de la dissémination du moustique), qu’épidémiologique (déclaration obligatoire des cas confirmés, dispositif de surveillance saisonnière renforcé, transmission quotidienne à l’Institut de veille sanitaire des résultats des diagnostics de chikungunya et de dengue par sérologie ou amplification génique).
Ce dispositif s’est révélé efficace pour la détection précoce des cas et la mise en œuvre des mesures de lutte antivectorielle afin de prévenir ou de limiter la transmission autochtone. Il va être mis à l’épreuve cet été par le nombre important de cas importés de chikungunya. C’est pourquoi il est crucial de maintenir un haut niveau de mobilisation des professionnels de santé vis-à-vis de la surveillance.
(publié le 28 juillet 2014)