Le syndrome d’apnées du sommeil en France : un syndrome fréquent et sous-diagnostiqué

C. Fuhrman, X-L. Nguyen, B. Fleury, M. Bousac-Zarebska, C. Druet, M-C. Delmas Bulletin épidémiologique hebdomadaire, BEH, 2012, n°44-45, pp. 510- 514. Bibliographie
Un module sur le sommeil (incluant des questions sur le syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil : SAHOS) a été introduit dans l’enquête santé et protection sociale (ESPS) en 2008 et dans l’étude Entred (Échantillon national témoin représentatif des personnes diabétiques), dans l’objectif d’estimer la prévalence des symptômes évocateurs de syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil : SE-SAHOS et l’importance du sous-diagnostic du SAHOS.
Les données de l’étude ESPS montrent une prévalence des symptômes évocateurs de SAHOS de 4,9% en population générale, de 8,4% chez les hypertendus, de 10,5% chez les diabétiques et de 11,5% chez les personnes obèses.
Seules 15% des personnes ayant des symptômes évocateurs de SAHOS avaient bénéficié d’un enregistrement du sommeil. Chez les personnes avec d’autres facteurs de risques (HTA, obésité, diabète), ce pourcentage était plus élevé (26 à 28%) mais restait insuffisant.
Les données d’Entred sont concordantes avec 28% de diabétiques ayant des SE-SAHOS et ayant bénéficié d’un enregistrement du sommeil.
Les données de l’assurance maladie montrent une forte progression entre 2006 et 2011, du nombre de personnes prises en charge pour un traitement par ventilation nocturne en pression positive continue (PPC) qui est le traitement de référence ; mais le taux d’adultes traités en 2011 (0,9%) reste bien en-deçà de la prévalence du SAHOS.
Il apparaît que les symptômes évocateurs de SAHOS sont fréquents et demeurent sous-explorés. Des efforts sont nécessaires notamment en faveur des patients présentant d’autres facteurs de risques cardiovasculaires.
(publié le 14 janvier 2013)