Les Français en manque de sommeil

E. du Roscoät D. Léger interviewé par Y. Géry La santé de l’homme, 2008, n°397, p. 50-53. Bibliographie

Selon une enquête publiée par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) en mars 2008, 45% des Français considèrent ne pas dormir assez (7h en semaine, 8 à 9h le week-end) en lien avec le travail (52,5%), les facteurs psychologiques tels que stress ou anxiété (40%), les enfants (27%), les loisirs (21%) et le temps de transport (17%). Parmi les dormeurs, on distingue les insomniaques (qui dorment en moyenne 6h 41 par nuit), les personnes en dette chronique de sommeil (qui dorment en moyenne 5h 48 par nuit : personnes plutôt jeunes habitant le plus souvent en agglomération parisienne) et les personnes ayant un sommeil suffisant (qui dorment 7h 21 par nuit et qui n’ont pas de profil socio démographique particulier). 74% des personnes âgées de 25 à 45 ans ont des horaires de sommeil relativement réguliers. Les personnes en dette de sommeil ont des habitudes de sommeil deux fois plus irrégulières que la moyenne (sans que les sorties en semaine soient incriminées). Plus de 2 personnes sur 3 consomment des excitants après 17h, notamment 73% des insomniaques. Les insomniaques et les personnes en dette de sommeil regardent la télévision plus longtemps et jouent à des jeux vidéo ou surfent sur Internet avant le coucher plus que ceux qui dorment suffisamment.

Quand les sujets sont interrogés sur leurs représentations à l’égard du sommeil, les personnes ayant un sommeil suffisant ont plus spontanément que les autres, une représentation du sommeil comme fonction biologique. La presque totalité des personnes interrogées pensent que dormir est important pour la santé, et elles sont également nombreuses à identifier assez bien les risques psychologiques et cognitifs d’un manque de sommeil. Par contre, elles ignorent assez largement les risques physiques (46% ne savent pas que le manque de sommeil favorise l’hypertension et moins de 33% ignorent qu’il favorise la prise de poids).

Selon Damien Léger, les Français dorment de moins en moins car « le sommeil est en compétition avec la télévision et Internet », compétition qui fait perdre les règles de bon sens sur la nécessaire quantité de sommeil notamment chez les jeunes enfants et les adolescents. La prise en charge des personnes souffrant de troubles du sommeil passe par l’éducation, c’est-à-dire des messages simples sur le fonctionnement du sommeil, les rythmes de l’horloge biologique, les éléments environnementaux (hygiène de vie) et la mise à disposition du public de documents qui permettent une évaluation sur le plan du sommeil dans l’objectif de mieux se connaître.

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(publié le 17 février 2009)