Les faux ongles et l’hygiène des mains

O. Meunier, J. Hmmerlé, S. Burger, F. Salles Hygiènes, 2014, vol. 22, n°1, pp.61-62

Les faux ongles sont des réservoirs microbiens importants, riches en staphylocoques, bacilles à Gram négatif et levures.
La longueur de l’ongle facilite l’accumulation de salissures et constitue le réservoir microbien majeur même si l’espace péri-unguéal est aussi très riche en micro-organismes.
Il apparaît que le lavage des mains ou l’usage des solutions hydroalcooliques n’est pas efficace parce que :

  • le soignant "simplifie" la procédure pour ne pas abîmer ses faux ongles,
  • les matériaux constitutifs de ces faux ongles favorisent l’adhésion microbienne puis la colonisation du support,
  • l’humidité persistante entre la capsule constituant le faux ongle et l’ongle naturel favorise la prolifération fongique,
  • l’ongle naturel poncé pour la mise en place des faux ongles est fragilisé et plus sensible à une colonisation microbienne,
  • le vernis de plusieurs jours craquelé en surface est facilement colonisé.
    Preuve en est donnée par des photographies en microscopie électronique qui montrent de très nombreux cratères (une cinquantaine d’unités par mm2) sur ces faux ongles (d’un diamètre de 10 µm à 50 µm), inaccessibles à tout outil de nettoyage même aux pinceaux les plus fins alors que les bactéries peuvent aisément s’y installer au sein d’un biofilm.

En conclusion, il ne suffit pas d’interdire l’usage des faux ongles aux soignants des secteur à risque ; il faut aussi les bannir totalement dans toutes les circonstances de soins.

(publié le 29 septembre 2014)