Les généralistes et les certificats pour le sport

L. Sitruk d’après la thèse de médecine générale de A. Roussel Le Généraliste, 2010, n°2534, p.29
Une enquête par questionnaire anonyme a été menée auprès de l’ensemble des généralistes d’Ille-et-Vilaine (926 personnes) à la mi-juin 2008 à propos de la délivrance des certificats médicaux de non contre-indication à la pratique sportive (CMNCI). 39% d’entre eux ont répondu.
31% des généralistes s’estiment compétents pour délivrer ces certificats et 92% ont déjà refusé de les délivrer en raison d’anomalies à l’examen clinique, d’antécédents du patient, de la pratique souhaitée de sports à risque ou de surclassements.
Un tiers des médecins avoue avoir déjà délivré un certificat sans consultation. Globalement, 80% des médecins passent moins de 20 minutes pour une consultation de CMNCI, alors que dans la littérature, le temps nécessaire est estimé à une trentaine de minutes. Seuls 4% des médecins utilisent un questionnaire préalable et 21% ne réalisent jamais d’électrocardiogramme.
La majorité des généralistes déplore la faible efficacité de cette consultation dans le dépistage d’un risque vital et estime délivrer un véritable chèque en blanc. (L’examen clinique couplé à un ECG ne peut déceler qu’environ 60% des pathologies).
Ils sont également très nombreux à déplorer les abus, c’est à dire les certificats pour des activités de loisir qui parfois ne sollicitent pas plus l’organisme que les actes de la vie courante ; ces abus engendrent notamment un discrédit de la consultation qui devient une simple formalité administrative pour le patient.
81, 5% des médecins interrogés délivrent systématiquement une feuille de soins et 83,2% estiment que cette visite est inutile.
(publié le 28 septembre 2010)