Maladies cardio-vasculaires et voyages lointains

P. Naudin-Rouselle, P. Cristofini Le Généraliste, 2013, n°2650, pp.26-27

Les évènements cardiovasculaires survenant lors des voyages aériens se situent au 2e rang derrière les troubles digestifs. Ils sont responsables de 56% des décès survenant en vol.
La survenue d’accidents coronaires en vol est d’origine multifactorielle : port de bagages, stress en lien avec le trajet ou l’enregistrement, phases de décollage ou d’atterrissage, diminution de la réserve coronaire chez le coronarien dès 2 500 m d’altitude.
"Le risque de maladie thrombo-embolique veineuse (METV) est multiplié par deux ou trois après un vol long courrier et augmente avec la durée du voyage et avec le nombre de vols effectués en un bref laps de temps".

Avant le départ, il est prudent de :

  • consulter son médecin, voire un cardiologue (il existe des contre-indications au voyage : les syndromes coronaires récents, les angioplasties coronaires ou les pontages coronaires récents, l’angor instable, l’insuffisance cardiaque non stabilisée ....), mais aussi l’HTA non contrôlée ou l’HTA pulmonaire sévère, une insuffisance cardiaque patente, un AVC récent, .....) ;
  • faire vérifier que pace-maker ou défibrillateur implantable sont en bon état de marche ;
  • se faire préciser comment décaler les prises médicamenteuses en cas de décalage horaire.
  • prévoir médicaments et dispositifs médicaux nécessaires au traitement pour l’intégralité du séjour (voire un peu plus et en double à la fois dans le bagage à main et dans le bagage de soute).
  • emporter un compte rendu médical traduit dans la langue du pays de destination ou du moins en anglais, la liste des médicaments en DCI, un ECG de référence, les carnets de suivi des traitements nécessitant une surveillance rapprochée (anti-vitamine K) ;
  • signaler au personnel avant le passage des portiques de sécurité le port de dispositifs implantés.

_ Pendant le vol

  • porter des chaussettes de contention
  • s’hydrater régulièrement (éviter alcool, café, thé)
  • déambuler dans l’avion toutes les 2 ou 3 heures (choisir un siège côté couloir)
  • éviter la prise de somnifères

Sur place

  • Attention aux antipaludiques : certains médicaments utilisés en prophylaxie augmentent l’effet des anti-vitamines K ou interagissent avec les bêta-bloquants ; d’autres utilisés en traitement curatif allongent l’espace QT.
  • Attention à l’altitude : la réserve du flux coronaire est diminuée dès 2 500 m, les bêta-bloquants sont mal tolérés (limitation de l’augmentation de la fréquence cardiaque à l’effort), les dérivés nitrés délivrés sous forme de sprays facilitent le surdosage (la pression interne du flacon étant très supérieure à la pression extérieure).
  • Attention à la diarrhée du voyageur, facteur de déshydratation et d’hypotension chez les patients sous diurétiques et/ou antihypertenseurs mais aussi responsable d’une diminution de production de la vitamine K.
  • Attention à la chaleur : certains médicaments induisant la survenue de troubles divers (diurétiques, médicaments agissant sur le système rénine-angiotensine, bêtabloquants).
(publié le 17 juillet 2013)