Pourquoi faut-il taxer le bronzage en cabine ?
Une proposition de La Sécurité Solaire, centre collaborateur de l’OMS

M. Boniol, P. Césarini, M-C. Chignol La Presse Médicale, 2010, vol.39, n°12, pp.1236-1237. Bibliographie.
En Juillet 2009, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé dans le Groupe I (cancérigène pour l’homme) le rayonnement ultraviolet (UV) émis par les installations de bronzage.
Le risque relatif de l’exposition au moins une fois dans sa vie aux UV artificiels est de 1,15 (selon la méta-analyse du CIRC) et de 1,75 pour les individus de moins de 30 ans.
Selon l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, 3% de la population française de 15 ans et plus aurait utilisé une cabine de bronzage. Mais ce chiffre est probablement sous-estimé notamment pour les individus de moins de 30 ans.
La fraction de risque de mélanome attribuable aux UV artificiels se situe autour de 13% tous âges confondus mais autour de 43% pour les individus ayant eu une première exposition avant 30 ans.
Faut il pour autant interdire les cabines de bronzage en France comme cela s’est fait au Brésil ?
Faut il réserver le bronzage en cabine à un usage sous "contrôle médical" ce qui n’a pas vraiment de sens, sachant que les risques de mélanome surviennent pour des doses inférieures à celles provoquant des érythèmes et que le bronzage obtenu n’est que faiblement protecteur (peu d’épaississement de l’épiderme) ?
Faut-il taxer le bronzage en cabine comme le font les Américains (taxe de 10% sur les séances d’UV) ?
Il est indispensable dès lors de renforcer l’information des consommateurs et d’interdire toute forme de publicité relative au bronzage en cabine d’autant que le marché du bronzage artificiel est en pleine expansion en France (avec un chiffre d’affaires dépassant les 230 millions d’euros).
(publié le 10 février 2011)