Prévention des accidents thromboemboliques lors des voyages aériens

F. Lapostolle, F. Adnet La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2011, vol.61, n°9, pp.1237-1238

La fréquence d’un accident thromboembolique lors des voyages aériens est de 0,4 cas par million de passagers. Elle atteint 4,8 cas par million pour les vols de plus de 10 000 km.
Les éléments de la triade de Virshow sont présents lors d’un voyage aérien surtout prolongé. Il s’agit

  • de lésions endothéliales (favorisées par la compression prolongée des cuisses sur le bord du siège),
  • de stase veineuse (favorisée par la station assise prolongée, l’absence d’activité et l’inertie des valvules en position assise),
  • de modification du contenu vasculaire (après 1h en position assise, l’hématocrite augmente de 25% et la protidémie de 38% entraînant hémoconcentration et augmentation de la viscosité propices au développement d’un thrombus).

Le rôle propre des conditions physiques liées au voyage, hypoxie et hypobarie demeure incertain.

La prévention repose sur :

  • des mesures comportementales dont le bénéfice réel n’a pas été démontré, mais qui ne présentent aucun risque : bonne hydratation, abstinence vis -à-vis de l’alcool, de sédatifs et de tabac, port de vêtements larges qui ne gênent pas la circulation sanguine, mouvements réguliers des membres inférieurs, déambulation régulière dans l’avion ;
  • des mesures physiques : le port de chaussettes de contention est la seule méthode prophylactique dont d’intérêt soit établi ;
  • des mesures pharmacologiques : l’aspirine n’a pas d’indication et les héparines de bas poids moléculaire ne seront recommandées qu’au cas par cas. Il faut en effet, intégrer le risque lié au passager lui-même et le risque lié aux conditions de voyage.
(publié le 8 février 2012)