Prévention et prise en charge des traumatismes sonores

J.B. Nottet, E. Truy La Revue du Praticien, 2009, vol.59, n°5, p.632-638. Bibliographie

Un élève de seconde sur 4 présente un déficit auditif reconnu comme pathologique et l’effet néfaste des bruits de loisirs, dont le baladeur, est démontré. L’exposition à des bruits intenses dépassant les capacités de tolérance de la cochlée est susceptible d’entraîner des lésions irréversibles des cellules sensorielles de l’oreille interne qui sont incapables de se renouveler. Le bruit peut également être responsable d’effets néfastes extra-auditifs, même pour des niveaux sonores et des durées d’exposition insuffisantes pour entraîner une surdité. Une exposition à des bruits impulsionnels (détonation d’armes à feu) ou à des bruits continus de forte intensité mais de durée limitée (concerts de musique amplifiée) peut être responsable de lésions définitives de l’oreille interne même après une exposition unique et isolée. Le traumatisme sonore aigu se manifeste par des acouphènes, une hypoacousie ou une hyperacousie douloureuse. C’est une urgence sensorielle nécessitant le retrait de toute ambiance bruyante et le recours à la corticothérapie précocement. Une exposition chronique ou répétée à des sources sonores de forte intensité entraîne une altération progressive et insidieuse de l’oreille interne, la surdité n’apparaissant cliniquement évidente qu’après plusieurs mois ou années et se manifestant par des troubles de l’intelligibilité apparaissant particulièrement évidents lors de la conversation en ambiance bruyante ; une fois installée, cette surdité est irréversible. Dans le domaine professionnel, une réglementation définit des valeurs limites d’exposition. Dans le domaine des loisirs : baladeurs musicaux, établissements recevant du public et diffusant de la musique amplifiée, protection des adolescents contre ces risques sont visés par le code de la santé publique, un décret 98-1143 du 15 octobre 1998 et le Plan national santé environnement. La prévention repose sur la réduction du bruit à la source, l’insonorisation des locaux, la limitation des durées d’exposition, l’information des patients, notamment des plus jeunes et sur le port de protections auditives lors de situations à risque. L’évaluation des risques doit aussi tenir compte à l’échelon individuel des antécédents auditifs et de la notion d’exposition préalable à des bruits lésionnels.

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(publié le 23 septembre 2009)