Prise en charge de l’insomnie en médecine du travail

V. Bayon, E. Prévot, A. Metlaine, D. Choudat, P. Philip, D. Léger Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2009, vol. 70, n°3, p.296-299. Bibliographie
La prévalence de l’insomnie en France est estimée dans la population adulte à 19% et celle de l’insomnie sévère à 9%. Selon la définition du DSM IV, "l’insomnie est un trouble régulier du sommeil avec difficultés d’endormissement, éveils nocturnes et difficultés à se rendormir, réveil précoce ou sensation de mauvais sommeil". Face à une plainte du salarié, il faut évaluer sa sévérité et les répercussions de l’insomnie. Plusieurs outils sont à la disposition du médecin du travail : questionnaires généraux, questionnaires de somnolence dont le plus courant est l’échelle d’Epworth, agendas du sommeil, échelles visuelles analogiques. Cette évaluation peut être complétée par la réalisation d’examens complémentaires en centre spécialisé (polysomnographie, tests de vigilance). En outre, il convient de mener une enquête sur les conditions de travail avec la description précise du poste et des horaires de travail, des conditions de transport, de l’environnement de travail et de la contrainte physique et mentale. Dans la population générale, la prévalence de l’insomnie sévère double dans la tranche d’âge 25-34 ans, la cause évoquée est d’origine familiale pour les femmes (grossesse, enfants en bas âge) et d’origine professionnelle chez les hommes. Sont également responsables des troubles du sommeil, le travail posté ou de nuit, les vols aériens long courriers, mais aussi la charge mentale, l’environnement physique, les contraintes temporelles et sociales. Il faut également rechercher une étiologie organique associée (maladies intercurrentes, causes médicamenteuses). Outre le rappel des règles d’hygiène du sommeil, le médecin du travail mènera une action sur les conditions de travail.
(publié le 14 décembre 2009)