Que reste-t-il des indications des tests tuberculiniques ?

R. Barbier Le Généraliste, 2013, n°2662, pp. 39-40
Les tests tuberculiniques ont comme indication principale le diagnostic d’infection tuberculeuse latente, le risque de progression vers une tuberculose-maladie étant majeur dans les deux premières années de l’infection, notamment chez le patient très jeune ou co-infecté par le VIH, ou chez les migrants d’un pays à forte incidence de la maladie tuberculeuse.
Actuellement, l’essentiel des indications des tests tuberculiniques est limité à l’enquête autour d’un cas de tuberculose.
Le test utilisé est le Tubertest®. Il se pratique avec 5 UI de la tuberculine de référence RT23 de l’OMS, diluées dans 0,1 ml et injectées en intradermique à la face antérieure de l’avant-bras. Le test, lu 72 h plus tard est positif dès 5 mm d’induration et traduit soit une infection tuberculeuse, soit une infection à mycobactérie non tuberculeuse (MTN), soit une vaccination antérieure par le BCG.
Une induration supérieure à 15 mm est en règle liée à une infection tuberculeuse que l’on suppose récente.
La vaccination BCG induit une induration qui diminue avec le temps pour devenir inférieure à 10 mm au-delà de 10 ans et les infections à MTN induisent une induration inférieure à 10 mm.
La conversion de la réaction cutanée tuberculinique (RCT) marquée par une progression significative de l’induration à 3 mois traduit une infection tuberculeuse récente qui va conduire à entreprendre une chimiprophylaxie.
Des tests de libération de l’interféron gamma ou IGRA, disponibles en France (Quantiféron®-TB Gold et T-SPOT-TB®) ont démontré une meilleure spécificité par rapport à l’IDR à la tuberculine, notamment chez les sujets vaccinés par le BCG et une plus grande sensibilité même dans la population VIH. Ils pourraient remplacer le Tubertest® dans certains cas, bien qu’ils ne distinguent pas toujours une infection ancienne d’une infection récente et qu’ils restent peu pertinents dans le diagnostic de tuberculose-maladie même extrapulmonaire.
(publié le 30 janvier 2014)