SAHOS
Pour un dépistage précoce en médecine du travail

A. Metlaine, D. Léger Le Concours Médical, 2011, vol.133, n°2, pp.125-126 . Bibliographie

Le SAHOS (syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil) touche 5% de la population générale et 11 à 15% de la population active. Il est caractérisé par un signe cardinal : la somnolence diurne excessive. Les conséquences professionnelles sont graves notamment du fait du risque accidentel. Toutefois, cette somnolence diurne peut être liée à d’autres causes, notamment organisationnelles (travail de nuit induisant une privation chronique de sommeil).
Chez les conducteurs atteints de SAHOS, le risque relatif d’accident au volant varie de 1,9 à 10,8 selon les études ; mais la corrélation entre la sévérité du SAHOS, la somnolence et la "surraccidentalité" n’est pas systématiquement retrouvée.
En dehors du risque accidentel, le SAHOS peut affecter les capacités d’adaptation au travail. Une étude cas-contrôle finlandaise montre que l’absentéisme est multiplié par 1,6 chez les hommes apnéiques et 1,8 chez les femmes apnéiques.
A contrario, les conditions de travail peuvent influencer le risque de développer un SAHOS, notamment un statut d’emploi précaire, l’indice de masse corporelle et une altération de la qualité du sommeil.
Le médecin du travail a pour mission de dépister précocement les troubles de la vigilance (questionnaire de Berlin, recherche d’antécédents de "presque accident" en lien avec la vigilance) et d’évaluer la somnolence (échelle d’Epworth) puis si nécessaire, d’orienter le salarié vers une consultation spécialisée.
Les chauffeurs professionnels bénéficieront des tests itératifs des latences d’endormissement ou du test du maintien d’éveil afin de statuer sur l’aptitude médicale au poste de travail.

version pdf du questionnaire de Berlin
http://www.larevuedupraticien.fr/im...

(publié le 2 mai 2011)