Sauna : bénéfices et risques cardiovasculaires

N. Kluger La Presse Médicale, 2011, vol.40, n°10, pp.895-899. Bibliographie

Le sauna ou "bain finlandais" se caractérise par une température élevée (entre 70 et 100 °C) et un air sec (taux d’humidité de 10 à 20%). La pratique correspond à une série de courts séjours (5 à 20 minutes) interrompus par des périodes de refroidissement (sortie en plein air, nage en eau froide, douche).
Les effets physiques aigus du sauna sont :

  • une augmentation de la température cutanée jusqu’à 40°C en quelques minutes,
  • une augmentation de la température rectale de 0,2°C à 1°C en fonction de la durée de la séance,
  • une accélération de la transpiration entraînant une perte moyenne de 0,5 kg,
  • une augmentation du flux sanguin cutané (de 5-10% à 50-70% du débit cardiaque),
  • une diminution du flux sanguin tissulaire,
  • une accélération du rythme cardiaque (pouvant atteindre 150 bpm en cas de sauna intense ou chez des sujets non habitués),
  • une augmentation du débit cardiaque,
  • une pression artérielle systolique, inchangée, augmentée ou diminuée,
  • une pression artérielle diastolique, inchangée ou diminuée.

Néanmoins, on considère généralement que les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire doivent éviter le sauna.
Pourtant, les études montrent que les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire stable (hypertension artérielle, coronaropathie, insuffisance cardiaque compensée) et traitée peuvent utiliser un sauna sans risque. En particulier, il n’a pas été démontré d’augmentation du risque de thrombophlébite ou d’hémorragie liée au sauna, tandis que l’infarctus du myocarde est plus fréquent en cas d’exercice, de marche ou de jogging, que de sauna.
Des études japonaises suggèrent que le sauna est non seulement bien toléré mais qu’il pourrait apporter un bénéfice dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque avec une amélioration des paramètres hémodynamiques.
Il existe néanmoins des contre- indications au sauna comme l’anhydrose, la sténose aortique sévère, l’angor instable, l’infarctus récent du myocarde ou un AVC transitoire ou non, tant que l’état n’est pas stabilisé. Les arythmies cardiaques et une insuffisance cardiaque décompensée sont des contre-indications relatives. Une infection active notamment respiratoire avec de la fièvre est une contre-indication temporaire.
La consommation d’alcool est déconseillée avant ou pendant le sauna.
Une étude suédoise montre que les décès survenus au cours d’un sauna sont essentiellement dus à l’alcool (44%) ou à une étiologie cardiovasculaire (23%) ; les autres causes étant la noyade, l’intoxication au monoxyde de carbone, les intoxications aux amphétamines et les brûlures.
Au total, "le sauna ne présente pas de risque pour les individus en bonne santé, les enfants et les personnes âgées inclus". Les patients atteints de maladie cardiovasculaire peuvent également profiter de cette activité si la maladie est contrôlée et stable avec un traitement.

(publié le 30 janvier 2012)