Sport et coeur : un état des lieux
Quoi de neuf dans la visite de non-contre-indication au sport ?

F. Carré La Revue du Praticien-Médecine Générale, 2011, vol.25, n°866, pp. 602-603. Bibliographie
Lors de la pratique d’une activité physique intense, le risque de survenue d’un accident cardiovasculaire est significativement augmenté chez le cardiaque qui s’ignore.
Il y a au moins chaque année 1 000 à 1 500 morts subites non traumatiques d’origine cardiovasculaire pendant la pratique sportive en France. Les hommes sont plus concernés que les femmes (dans la proportion d’au moins 5 pour 1) et notamment les sujets de plus de 40 ans.
Si avant 35 ans, les étiologies sont diverses (pathologies génétiques, cardiomyopathies hypertrophiques, maladie arythmogène du ventricule droit, maladie de Marfan ou affections congénitales), passé cet âge, l’étiologie principale est la maladie coronaire.
La pratique d’un sport de compétition impose l’établissement d’un certificat médical de non contre-indication valable un an, certificat qui engage la responsabilité de son signataire.
Les sportifs classés annuellement comme les meilleurs de leur discipline bénéficieront d’une visite médicale réalisée par un médecin du sport avec l’appui de spécialistes.
Pour tous les autres sportifs, un médecin qui se sent compétent peut réaliser la visite de non contre-indication à la pratique sportive et le contenu est légalement libre. Néanmoins, la Société française de cardiologie propose que la visite comprenne un examen clinique (interrogatoire et examen physique) et un ECG de repos 12 dérivations. La Société française de médecine du sport propose un questionnaire qui s’intéresse aux antécédents personnels et familiaux, à faire signer par le patient et téléchargeable sur le site www.sfms.asso.fr.
Le test Ruffier-Dickson ne doit plus être réalisé pour la détection des contre-indications cardiovasculaires à la pratique du sport.
La découverte d’un anomalie à l’ECG de repos ou un risque cardiovasculaire élevé, orienteront vers un cardiologue qui proposera une épreuve d’effort (EE), sans oublier qu’un bon résultat à cette EE ne doit pas être assimilé à une assurance tous risques car elle identifie mal le risque coronaire aigu.
L’éducation sur les bonnes pratiques d’une activité sportive intense est toujours justifiée (voir www.clubcardiosport.com).
(publié le 6 décembre 2011)