Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil de l’adulte

M-C. Ouayoun Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Oto-rhino-laryngologie, Elsevier Masson SAS, Issy-les-Moulineaux, 2015, vol.10, n°3, 20-960-A-10, 17 p. Bibliographie.
Le syndrome d’apnées-hypopnées du sommeil (SAHOS) est important par sa prévalence [entre 2 et 4% dans la population adulte pour un SAHOS symptomatique mais entre 6 et 24% si l’on tient compte des événements respiratoires anormaux nocturnes (ERAN) enregistrés lors de la polysomnographie].
Ces ERAN sont constitués d’apnées, d’hypopnées et/ou de microréveils liés aux efforts respiratoires.
Ce SAHOS est un facteur de risque indépendant ou associé pour l’hypertension artérielle systémique, et peut-être l’hypertension artérielle pulmonaire, la morbidité cardiovasculaire (coronaropathie, troubles du rythme, mort subite), la morbidité cérébrovasculaire (AVC), le syndrome métabolique, les accidents de travail et de la route.
En effet, le SAHOS induit une déficience neurocognitive très préjudiciable pour la conduite et plus d’1/3 des patients avec SAHOS rapportent qu’il ont eu ou failli avoir un accident en raison d’un endormissement pendant la conduite.
Individuellement tous les patients avec SAHOS n’ont pas un risque plus élevé d’accident automobile, mais un IMC élevé est un facteur aggravant.
300 000 patients ont été traités en 2009 pour un SAHOS. Le SAHOS peut survenir à tout âge mais augmente en milieu de vie. Il touche deux fois moins les femmes que les hommes mais la ménopause serait un facteur de risque.
Interagissent avec le SAHOS : le tabagisme, l’obésité, le syndrome métabolique, l’insulinorésistance, la polykystose ovarienne éventuellement en lien avec une insulinorésistance, la prééclampsie, l’hypertension intracrânienne idiopathique.
Il est donc indispensable de dépister et de traiter le SAHOS, si l’on veut prévenir la survenue d’accidents automobiles ; et l’information du patient est primordiale pour qu’il comprenne les enjeux. En France, le législateur a inscrit le SAHOS dans la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance du permis de conduire de durée de validité limitée.
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire, la symptomatologie nocturne et diurne, la recherche d’autres troubles du sommeil, la recherche de comorbidités et de facteurs aggravants, l’examen physique (à la recherche d’anomalies anatomiques et fonctionnelles du contenant et du contenu des voies aériennes supérieures pouvant prédisposer à leur obstruction lors du sommeil).
S’y ajoutent des explorations instrumentales : polysomnographies et polygraphies ventilatoires.
La place de l’oxymétrie seule dans le diagnostic de SAHOS reste à évaluer.
Le recours aux examens de la vigilance dans le SAHOS n’a lieu qu’après confirmation du diagnostic ; il s’agit du test itératif de latence d’endormissement, et de l’actimétrie (examen basé sur un détecteur de mouvement qui permet d’enregistrer l’activité corporelle pendant la veille et le sommeil sur des périodes supérieures à 24 h).
Le explorations morphologiques pour le diagnostic topographique du SAHOS ne sont utiles que lorsqu’un traitement chirurgical est envisagé.
Il est recommandé de faire pratiquer certains examens biologiques chez un patient SAHOS nouvellement diagnostiqué : exploration fonctionnelle respiratoire à tout patient fumeur ou ex-fumeur et/ou obèse, gazométrie artérielle si BPCO associée, glycémie à jeun. Par contre, il n’est pas justifié de pratiquer un dosage des marqueurs systémiques d’inflammation, de cytokines circulantes et de marqueurs de stress oxydatif, ou un bilan thyroïdien en l’absence de signes cliniques d’hypothyroïdie.
(publié le 24 septembre 2015)