Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil.

Conseillers scientifiques : F. Gagnadoux, Y. Grillet ; dossier coordonné par B. Némirowsky Le Concours Médical, 2015, vol.137, n°10, pp. 781-807

La prévalence du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) en population générale est élevée estimée à 4% chez les hommes, 2% chez les femmes entre 30 et 60 ans, mais à 30% chez les patients insuffisants coronariens, à 34% chez les diabétiques mal contrôlés, à 60% chez les sujets ayant fait un accident vasculaire cérébral et à 80% chez ceux présentant une HTA réfractaire. Le SAHOS est donc un réel problème de santé publique.
Le diagnostic repose sur la présence de signes cliniques non pathognomoniques : symptômes diurnes (somnolence diurne excessive, fatigue chronique ancienne, sommeil "non réparateur", troubles de la concentration, de l’attention, de la mémoire, troubles de l’humeur, céphalées matinales), symptômes nocturnes (apnées suivie d’une reprise respiratoire bruyante, réveils nocturnes asphyxiques, nycturie) et sur un diagnostic positif à la polysomnographie, examen de référence qui permet de calculer un index correspondant au nombre d’apnées et d’hypopnées, (IAH) par heure de sommeil et de préciser l’origine de l’apnée : obstructive, centrale ou mixte.
Les facteurs favorisants sont l’avancée en âge, l’obésité, une anomalie anatomique des voies aériennes supérieures, la prise de certains médicaments (myorelaxants, anxiolytiques), un terrain familial.
La sévérité du SAHOS prend en compte l’IAH (sévère si supérieur à 30/h) et la somnolence diurne. Un SAHOS sévère est associé à un risque accru d’hypertension artérielle, d’hyperlipidémie et de diabète de type 2.

Le traitement du SAHOS "doit tout d’abord supprimer les événements respiratoires anormaux au cours du sommeil et leurs conséquences immédiates (hypoxémie intermittente, fragmentation de sommeil), doit ensuite corriger les symptômes de la maladie, dont le principal est la somnolence diurne ainsi que le retentissement sur la qualité de vie" mais aussi prévenir la morbidité associée non seulement dans les domaines du risque cardiovasculaire mais aussi de l’accidentologie liée aux troubles de la vigilance.
La prise en charge de ces patients repose dès lors sur des thérapies combinées et est donc pluridisciplinaire.
Les indications chirurgicales sont relativement restreintes.
Une orthèse de propulsion mandibulaire peut apparaître comme une véritable alternative efficace à la Pression Partielle Positive (PPC). Cette dernière qui représente actuellement le traitement de référence, ne résout pas tous les problèmes, notamment en termes de réduction de la pression artérielle ou d’amélioration du statut métabolique des patients obèses. Il est recommandé de mettre en place une éducation thérapeutique pour améliorer l’acceptation du traitement et donner aux patients les moyens d’une observance satisfaisante qui conditionne l’efficacité thérapeutique sur le long terme.

(publié le 29 février 2016)